
Art Spiegelman a toujours été en conflit avec son père, un juif acariâtre, pingre et désagréable au possible. A partir de la fin des années 1970, cet illustrateur a voulu mieux comprendre l'enfer à travers lequel son père était passé, les camps de concentration. Il a alors enregistré de longues conversations avec lui pour éventuellement raconter en bande-dessinée les horreurs que sa mère et lui avaient vécus lors de la Seconde Guerre mondiale.
Parues au début des années 1990, ces BD ont révolutionnées le genre et lui ont valu plusieurs distinctions internationales. En plus de raconter un récit réaliste et troublant, Art Spiegelman a décidé de représenter tous ses personnages par des animaux : souris pour les juifs, chats pour les nazis, etc. Donnatnt ainsi un recul face aux horreurs qu'il nous présente et permet de mettre encore plus l'emphase sur l'absurdité du massacre juif. Les chats contre les souris, plutôt que les hommes contre les hommes. Un autre volet important qui rend la lecture d'autant plus touchante, est que l'auteur ponctue son récit des épisodes, souvent conflictuels, où il procède aux interviews avec son père.
On suit son parcours depuis la prospérité d'avant guerre, la perte d'êtres chers, son passage à Auschwitz, l'horreur au quotidien, le travail dans les camps, les fours, les morts, toujours les morts...
L'Holocauste, Auschwitz, on sait, on croit savoir, mais c'est au delà de l'entendement. L'art sert aussi à ça, faire connaître des pans de notre histoire, tout aussi immondes soient-ils...



