Sots Art est, jusqu’au début des années 90, un mouvement contestataire, réprimé sinon interdit. Pas d’expositions publiques, aucune reconnaissance, un combat souterrain de tous les instants. Les artistes du mouvement tentent de s’exprimer malgré la censure. Leurs oeuvres sont subtiles, délicatement subversives, drôlement détournées. Les thèmes en sont humoristiquement contestataires, avec légéreté et élégance; la facture aussi participe du même décalage.
Mais, au fil des salles, la dérision devient moins subtile, les oeuvres sont plus lourdes, trop évidentes. Quand, après Lénine face à l’homme qui marche de Giacometti (La rencontre de deux sculptures, de Sokov, ci-dessus), vous arrivez à MacLenin, à Lenin Cola (Kossolapov), à la Trinité (Lénine, Jésus Christ et Mickey) ou aux baisers rituels, vous cherchez en vain la finesse des débuts. C’est que la perestroïka est arrivée, que les artistes sont plus libres, qu’ils émigrent, pour certains, à New York, et qu’ils produisent de plus en plus pour le marché. La flamme qui les animait était née de la répression et, pour beaucoup d’entre eux, elle s’étiole avec leur liberté.
Le Pavillon rouge d’Ilya Kabakov à la Biennale de Venise traduit fort bien la perte des repères à ce moment; mais là où Kabakov survit avec talent, d’autres sombrent dans la facilité.
Heureusement, une nouvelle génération, moins commerciale, plus révoltée, prend la relève, et c’est toute l’intelligence de cette exposition de nous faire voir ces évolutions.
La maison rouge
10 boulevard de la bastille
f - 75012 paris
tel. +33(0) 1 40 01 08 81
fax +33(0) 1 40 01 08 83
ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h
nocturne le jeudi jusqu'à 21 h
jours de fermeture les 25 décembre, 1er janvier et 1er mai
métro : quai de la rapée ou bastille
RER : Gare de Lyon
accessible aux personnes handicapées

