Excusez les fautes d’orthographe, les tournures maladroites, les fautes de frappe, la pauvreté du vocabulaire...
N’étant pas trop porté sur l’écriture, l’objectif principal n’est pas de vous soumettre ce texte pour commentaire ou critique bien que, évidemment, tous les avis sont bienvenus.
Je vous invite à un petit jeu.
La base de ce récit est faite de souvenirs qui me sont chers, d’autre morceaux sont imaginés ou adaptés. Prenez cela comme l’histoire telle que j’aurai aimé qu’elle se passe.
Sauriez-vous démêler le vécu réel du vécu imaginé ? Le vrai du faux ? le méli du mélo ?
Pour les courageux, les inconscients et autres fans de Barbara Cartland.... vous êtes prévenus
C'est parti...
23 ans plus tôt :
J’ai vécu et grandi à la campagne quelque part au cœur de l’Auvergne.
Là bas, l’été était pour moi une saison importante, tous les ans, j’attendais avec impatience l’arrivée des vacances scolaires et le retour des touristes pour rompre un peu mon isolement.
En effet, chaque année, à un kilomètre de mon hameau, un village de vacance accueillait des centaines de vacanciers durant les mois d’été.
Avec mes copains d’enfance, nous avions pris l’habitude de nous joindre aux jeunes de ce village pour nous amuser avec eux, leur jouer des tours pendables ou pour les « enrôler » dans les champs afin qu’ils participent aux fenaisons ou à d’autres travaux.
Je devais avoir 18 ou 19 ans quand j’ai fait la rencontre de Marielle.
C’était lors d’une fête organisée par la direction du village, il y avait un petit orchestre et les animateurs se chargeaient de faire bouger un maximum de monde.
Les flonflons de l’orchestre avait chassé mes copains des lieux, c’était l’époque d’ACDC et autres…les premières sorties en boite, les premières cuites etc.
Faute de véhicule motorisé, je me suis donc retrouvé tout seul au milieu d’une centaine de personnes qui m’étaient totalement inconnues.
Je m’apprêtais à rentrer chez moi lorsqu’il y a eu une pause musicale, un animateur a alors annoncé que sur le prochain morceau il y aurait une danse du foulard… Késako ?
Ignorant de quoi il s’agissait, je me suis attardé, assis à bonne distance de la piste de danse.
Dès les premières notes, les danseurs ont formé un cercle en se tenant par la main puis une animatrice est venue se placer au centre du cercle en tenant dans sa main un foulard.
Au bout de quelques secondes elle s’est approché d’un homme, elle a étalé le foulard au sol devant lui, l’homme est alors sorti du cercle des danseurs, il s’est agenouillé devant la femme et lui a fait un smack. L’animatrice s’est ensuite relevée et à pris la place de l’homme dans le cercle des danseurs.
L’homme a ensuite attendu quelques secondes pour aller déposer le foulard aux pieds d’une autre femme et ainsi de suite.
C’était donc ça la danse du foulard…Assis dans mon coin, j’observais tranquillement ce rituel lorsque le cercle des danseurs s’est ouvert devant moi, 2 mains me saisirent les poignets, et je me retrouvais aussitôt pris dans cette danse.
Très intimidé, je jetais des regards inquiets autour de moi lorsque j’ai ressenti une pression plus forte sur ma main gauche.
Je tournais mon visage et à ma gauche je découvris alors une jolie jeune femme toute souriante et je reçu de sa part un clin d’œil appuyé.
Plus que surpris, je suis resté béat d’admiration devant son joli minois et j’y serai resté encore très longtemps si un des animateurs n’était pas venu étaler le foulard aux pieds de ma voisine.
Evidement, lorsque ce fut le tour de cette belle inconnue de choisir son partenaire de danse, elle fit un rapide tour sur elle même avant de se diriger droit sur moi.
Panique ! Je ne comprenais pas pourquoi cette jeune femme s’entêtait à me mettre dans l’embarras… Le smack fut bref mais j’eu le temps de percevoir la douceur de ses lèvres.
Un sourire espiègle accroché aux lèvres elle m’abandonna au milieu du cercle avec le foulard et mes joues rougissantes.
Le plus dignement du monde, je me suis relevé puis j’ai commencé à chercher des yeux ma belle inconnue.
J’étais mort de honte, je ne voyais que des sourires et j’étais convaincu qu’on se moquait de moi.
Une fois la belle repérée, je lui ai rendu son clin d’œil et lui ai résolument tourné le dos, mon regard est alors tombé sur une vieille dame en train d’essayer d’avaler un gros morceau de barbe à papa sans lâcher les mains de ses voisins.
J’ai foncé, le foulard au sol et hop ! Grand éclat de rire général !
La dame s’est donc avancée, par respect pour son age, je l’ai invitée à rester debout et nous nous sommes smackés dans un nuage de fils sucrés à la grande joie de toute l’assistance.
En reprenant ma place dans le cercle, j’ai eu droit à des bravos et à un mouchoir humide pour me débarbouiller.
Bref, la danse a continué et à un moment, je me suis retrouvé de nouveau aux côtés de ma belle inconnue.
Je dis belle parce que je ne sais pas quoi dire d’autre, des cheveux longs, ondulés, aux reflets roux, un visage fin, de grands yeux bleus très clairs, des lèvres fines, la peau dorée par le soleil, quelques taches de rousseur sur le nez et les joues, une belle robe à fleurs serrée sur une taille fine et découvrant les épaules, des hanches bien marquées, une poitrine prometteuse, une silhouette svelte…
La plus belle femme que je voyais de toute ma jeune vie, je l’ai détaillée de la tête au pied, pendant un long moment, pendant ce temps, elle ne m’a pas lâché des yeux et me souriait sans arrêt.
Nous avons continué de danser, serrant nos mains de plus en plus fort et en nous dévisageant souvent. Lorsque la musique s’est arrêtée, je l’ai enfin lâchée et ne sachant que dire ni quoi faire, je lui ai dit merci. Elle s’est penchée vers moi, m’a baisé la joue puis elle m’a dit avec un grand sourire :
C’est moi qui te remercie, tu as smacké ma grand-mère, c’était très rigolo, elle m’a dit que ça lui avait bien plut, ça ne colle pas trop ?
J’entendais sa voix pour la première fois, une voix un peu grave, chaude, sensuelle.
J’étais déboussolé, charmé, de la magie pure.
Elle a ensuite éclaté de rire puis s’est éclipsée en me glissant un rapide : « je reviens ! »
Je me suis aussitôt dirigé vers une sortie, il me fallait un bon bol d’air frais. J’avais le cerveau en ébullition et je butais toujours sur la même pensée, à l’image du diamant d’une platine à disque butant sur la même rayure.
Pourquoi moi ?
J’étais (et je le suis toujours à peu près) aussi épais qu’un cure-dent, on me surnommait l’arbalète. Un vrai sac d’os… Pourquoi moi ?
J’en étais encore à cette question lorsqu’elle est revenue, elle m’a tendu un verre de jus de fruit que je me suis empressé d’accepter. Au moins, pendant que je buvais je ne pourrais rien dire. Quel soulagement !
Pendant son éclipse, la belle avait jeté un châle vert pastel sur ses épaules, il faisait nuit noire et le fond de l’air est frais dans le coin.
Elle s’était adossée contre l’embrasure de la porte et regardait les lumières des villages alentours. Je la voyais de profil, la lumière de la salle m’offrait une vue splendide.
Le contre éclairage dévoilait ses formes à travers sa robe, des jambes minces et bien galbées, des fesses hautes et bien rondes, un ventre plat, des seins hauts et pointant fièrement vers l’avant, une gorge fine et ces reflets cuivrés dans les cheveux… Je sentais mes pensées revenir sur la même question, il me fallait un autre point de concentration et d’urgence.
Je posais mon verre vide sur un bord de fenêtre et je lui ai proposé d’aller nous balader sur le chemin d’accès au village de vacance, histoire de nous éloigner des flonflons qui avaient repris.
Elle a accepté puis m’a prié de l’attendre quelques secondes le temps qu’elle informe sa mère.
A ce moment là j’ai réalisé que Marielle n’était ne fait pas plus âgée que moi.
Quelques instants plus tard, nous marchions dans la nuit, en silence. Nos mains se sont effleurées, puis touchées puis liées. Au pied d’un vieux chêne centenaire bordant le chemin, j’ai échangé mon premier baiser. On avait fait… au moins….pfiuuuu… 10 pas.
J’ai été surpris par le contraste de la fraîcheur de ses lèvres et la chaleur de sa langue… Je n’avais jamais pratiqué et par peur de maladresse, je l’ai laissé me guider pour mieux la suivre dans ses jeux de langue.
Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés là à nous embrasser, une boule de feu se formait dans mon ventre, j’en ressentais une douleur à la vessie, d’instinct, j’avais posé ma main gauche sur son sein droit et je sentais son mamelon dur et dressé sous ma paume. Elle avait posé une main sur ma nuque et me caressait doucement, m’envoyant des frissons tout le long de la colonne vertébrale, plus aucune pensées ne me perturbait…
Puis une petite voix s’est faite entendre à côté de nous :
« Marielle, je rentre avec maman et grand-mère, tu devrais rentrer aussi… »
Surpris, nous nous sommes écartés rapidement l’un de l’autre, Marielle m ‘a murmuré :
« Elle a raison… c’est ma sœur, Florence. »
J’ai toussoté pour m’éclaircir la voix puis j’adressé un gentil « bonsoir Florence » à la petite qui me regardait.
Elle m’a répondu avec un mignon « bonsoir Monsieur », son expression m’a fait sourire. Florence est rapidement repartie vers la salle de danse et Marielle s’est approchée de moi, elle m’a embrassé sur la joue puis m’a dit : « bonsoir Monsieur, à demain. »
J’ai pouffé de rire puis j’ai dit : « je m’appelle Roger, bonsoir Madame. » Elle a rit aussi, puis m’a répondu : « bonsoir Roger, je m’appelle Marielle » puis elle a filé rejoindre sa famille.
Je suis resté un bon moment dans la pénombre, pour reprendre mes esprits et pour voir si Marielle allait reparaître. Un courant d’air frais m’a fait frissonner et m’a rappelé l’urgence d’un besoin inassouvi, je me débraguettais et fort irrespectueusement, j’ai uriné contre le vieux chêne.
J’ai ensuite donné un coup d’œil vers la salle des fêtes pour m’assurer que ma belle ne réapparaissait pas puis je me suis élancé en courant vers mon hameau.
En pleine nuit noire, sur une route mal entretenue, tortueuse, j’ai couru, cette route je la voyais comme en plein jour, bon faut dire que les lucioles m’ont bien marqué les fossés.
De toute façon, j’étais tellement euphorique, j’aurais pu traverser un bosquet de ronces sans même m’en apercevoir.
Je ne savais même pas l’heure qu’il était lorsque j’ai rejoint mon lit, toute ma famille dormait, je me suis allongé et j’ai fermé les yeux en pensant à Marielle, je me rappelle que je souriait et je me délectait à l’avance des rêves que j’allais faire… et puis…ce fut le matin, le champ du coq m’a réveillé… pas le moindre souvenir du moindre rêve.
Au cours de la journée, la chaleur devint lourde, prometteuse d’orages d’ici la fin du jour. Après le déjeuner, je m’étais installé dans la cuisine pour lire un bouquin de SF, la fraîcheur de la pièce était propice pour un peu de repos après une matinée bien chargée.
Mon père lisait son journal, ma mère faisait sa sieste et mes frères et sœur étaient partis voir des amis.
J’étais concentré sur ma lecture lorsque j’ai entendu le froissement du journal, j’ai levé les yeux sur mon père, il me regardait en fronçant les sourcils puis il m’a dit :
« Dis, c’est quand que tu comptes aller voir les filles ? »
Je lui réponds en me méprenant sur sa question :
« Elles sont partis voir Dominique et Serge avec la voiture »
Il me dit en rigolant :
« Je te parles pas de tes sœurs, les filles de la Cité couillon »
(La Cité, c’est le nom qu’on donne à ce village de vacance, autrefois c’était un village de mineurs.)
Et là je reste bouche bée, mon père en a marre de me voir rester tout seul à lire à la maison et il enchaîne :
« au lieu de bouquiner, tu ferais mieux d’aller bouqueter »
(Bouqueter, son expression pour l’accouplement du bouc avec une chèvre.)
Là j’en perds ma page, je hausse dédaigneusement les épaules et je vais dans ma chambre… 30 secondes plus tard, je suis en train de courir en direction de « la Cité ».
Cours Forest ! Cours !… Ouaip, c’était un peu ça, les ferrailles en moins.
Bref, j’arrive au pas au village de vacance, ma timidité est revenue au grand galop elle aussi, j’aperçois la grand-mère de Marielle, je m’approche et lui souhaite le bonjour. La chipie m’attrape une oreille et me dit en rigolant : « Comment jeune homme ? Hier soir vous m’embrassez en public et aujourd’hui c’est juste : bonjour ». Elle me dépose un gros bisou sonore sur la joue et je lui fais une bise en retour, ensuite le regard rieur, elle m’annonce que Marielle est partie en excursion avec sa mère et sa sœur et qu’elle ne devrait pas tarder à rentrer.
Pour continuer la conversation, je demande où était l’excursion, Grand-mère me parle de visite des burons de vacher dans les montagnes. Je tourne les yeux vers les montagnes et constate que de gros nuages gris s’y amoncellent et que les sommets sont voilés.
Le retour de Marielle est effectivement imminent. Je laisse Grand-mère discuter avec ses copines et m’en vais me balader un peu au hasard.
A peine dix minutes plus tard, un minibus et un cortège de voitures empruntent le chemin d’accès au village. Marielle ! Marielle est de retour !
Elle m’aperçoit avant même d’être descendue du minibus, elle me fait un petit signe de la main puis abandonne son bâton de marche et son chapeau dans les mains de sa sœur et s’élance dans ma direction. Au passage, en arrière plan, je me souviens de Florence qui, en me faisant elle aussi un petit signe de la main, laisse échapper le chapeau de sa sœur qui finira sous les roues d’une voiture…
Ma belle s’approche de moi, elle rayonne littéralement, elle se jète à mon cou et me plaque un baiser sur les lèvres. En plein jour, elle est encore plus belle, tee-shirt blanc, petit short bleu et basket, des jambes fines, des cuisses musclées, une démarche souple et sa voix…
Elle me raconte l’excursion, son manque d’entrain pour y participer et surtout la joie de voir l’orage menaçant qui grandi rapidement. Bref, on discute un moment, puis je lui propose d’aller nous balader dans la campagne, l’excursion étant écourtée, il n’y avait rien de prévu comme animation et la piscine du village était bondée.
Marielle est ok, elle me reclaque un baiser puis file à son pavillon pour un brin de toilette et faire part de ses intentions à sa mère.
La voilà bientôt de retour, une casquette à visière vissée sur le crane, je ne peux m’empêcher de la détailler de haut en bas et lui dit que c’est la plus femme que je n’ai jamais vue. Elle me répond que je suis bête, que moi aussi je suis beau gosse puis elle me prend le bras et m’entraîne sur le chemin.
Nous nous éloignons tranquillement en nous tenant par la main, nous conversons sur ce que nous faisons l’un et l’autre dans la vie, sa voix me plait et je ne me lasse pas de l’entendre.
Il y a pas mal de gens qui sont partis en promenade eux aussi et nous sommes rarement seuls, de fait nous n’échangeons que quelques bisous furtifs.
Je crois bien que nous sommes heureux en cet instant, Marielle s’intéresse à tout ce qu’elle voit ou sent et ne cesse de m’interroger pour mon plus grand bonheur.
Ainsi, nous traversons mon village et je lui présente et détaille chaque construction, mes voisins nous salue et nous conseille de nous méfier de l’orage etc.…
Je propose à Marielle de continuer notre promenade par un sentier pour rejoindre une petite rivière au creux d’une vallée. En passant devant ma maison, mon père nous accueille dans son fauteuil de jardin à l’ombre d’un frêne.
Je rentre un instant chez moi pour prendre un vieux pull, la vallée étant déjà à l’ombre, l’air risque d’y être déjà un peu frais. Bref, quand je ressors, Marielle est assise à côté de mon père et lui fait la conversation.
Nous reprenons notre promenade et ainsi pendant je ne sais combien de temps nous marchons, main dans la main à parler de tout et de rien. Nous échangeons toujours quelques baisers mais rien d’insistant et ni elle ni moi n’avons envie que cela change.
Nous traversons un deuxième village, je lui montre mon école primaire, la vieille église, puis nous continuons en oubliant le sentier et la petite rivière.
Ce fut un moment de pur bonheur, je la revois sourire à chacune de mes expressions de campagnard, ces petits cris de frayeur à chaque fois qu’un lézard s’enfui à notre passage, j’en rajoute un peu en envoyant des gravillons dans les herbes sèches, pour qu’elle vienne se blottir dans mes bras.
Nous oublions le temps et le reste du monde, nous courrons derrière des papillons, nous cueillons et mangeons les mures sauvages que nous trouvons, nous cherchons les grillons qui se taisent à notre approche et se manifestent dès que nous avons tourné le dos.
Je suis bien à ses côtés, par nos contacts et nos regards nous échangeons autant que par nos conversations. Je reconnais déjà ces expressions, fausse bouderie, défi, inquiétude et sa voix… elle me lie à elle, elle me charme, je n’en ai jamais entendu d’autre comme la sienne.
Et son rire, je me régale à la chatouiller avec les plumeaux d’herbes sèches, elle m’en fait manger…nous nous retrouvons à un moment, moi allongé dans l’herbe elle assise sur mon bas ventre, elle me tient les poignets, bras écartés, elle reprend son souffle et me regarde, je fixe les mouvements de ses seins que je devine à travers son tee-shirt.
J’ai une érection, je sens mon membre grossir et venir se presser contre son entre-jambe, je rougis, je sens contre mon sexe la chaleur du sien.
Elle me sourit, se penche et m’embrasse puis me mordille les lèvres. J’ai le cœur qui s’emballe, elle rapproche son buste du mien, la pointe de ses seins effleure ma poitrine, elle se frotte contre moi en me regardant, je rougis mais me tend vers elle… une voiture passe en klaxonnant… Raahlala, nous sommes beaucoup trop près de la route et parfaitement visibles.
Pas glop !
On se fige, on se regarde, on éclate de rire, elle lâche un de mes poignets pour saisir de l’herbe et me la fourrer dans la bouche… nous reprenons notre chahut.
Nous oublions l’instant d’avant, ce n’était pas l’endroit. Nous nous calmons enfin, je l’aide à se relever, nous sommes essoufflés, nous avons évacué la pression.
Elle me murmure à l’oreille qu’elle avait été à deux doigts de poursuivre après le coup de klaxon. Je l’embrasse doucement dans le cou, elle me promet que la prochaine fois elle ne s’arrêtera pas…badaboum… un brutal coup de tonnerre.
Une grosse goutte de pluie s’écrase sur ma joue…hein ? Quoi ? L’orage est là, juste au dessus de nous.
Le temps de nous ôter mutuellement les brins d’herbes dont nous sommes couverts, c’est déjà une grosse averse qui nous tombe dessus et l’eau est glaciale.
J’entraîne Marielle sous un pont de chemin fer sous lequel nous étions passés en venant, elle est trempée et grelotte déjà, nous courrons, la pluie nous fouette, éclair et tonnerre s’enchaînent à un rythme d’enfer. Nous atteignons notre abri, nous soufflons un moment, pliés en deux, les mains sur les genoux, nous nous regardons enfin, éclats de rire.
Avec son tee-shirt trempé, Marielle est comme nue, forme et couleur se distinguent parfaitement, ses mamelons pointent sous le tissu, j’ai une nouvelle érection, c’est bien le moment.
Elle claque des dents, je la plaque contre moi et lui frotte le dos, elle m’enlace et vient nicher sa tête sous mon cou, je suis obligé de relever un peu le menton, Marielle est presque aussi grande que moi.
Je lui dis que c’est maintenant que je voudrais entendre un coup de klaxon, elle se recule et s’offre à mon regard en souriant, hum… non, vaudrait mieux pas qu’on la voit comme ça. Elle a raison.
J’avise le pull que j’avais noué à ma taille et le lui propose, il est plein d’herbe sèche mais il n’est pas trop mouillé, elle l’enfile par dessus son tee-shirt.
Evidemment, il est trop grand pour elle et lui couvre le haut des cuisses, les manches sont trop longues mais elle s’en arrange. Elle m’affirme que ça va mieux, il est un peu mouillé dans le dos mais il est chaud.
Nous nous enlaçons à nouveau dans notre abri de fortune et essayons de nous tenir chaud, nous regardons la pluie tomber et Marielle me demande avec inquiétude si cela va durer.
J’avoue que je n’ai aucune idée de l’heure mais je la rassure, la pluie devrait bientôt ralentir et cesser, le ciel devient plus lumineux.
Quelques minutes plus tard, l’averse orageuse s’est transformée en petite pluie fine, quelques rayons de soleil font leur apparition.
Marielle propose de rentrer maintenant, elle a froid et faim, j’ai faim moi aussi pour le froid ça peut aller, c’est ok.
Nous rebroussons chemin sous cette petite pluie fine.
Marielle retrouve son sourire, en marchant, j’observe les nuages qui nous arrivent des montagnes, ça risque de recommencer dans peu de temps, nous pressons le pas.
Nous traversons le village sans nous attarder, les gens nous regardent un peu trop curieusement, enfin surtout Marielle, en quittant le bourg, je réalise le pourquoi de ces regards insistants.
Le vieux pull s’est détendu avec l’eau, les mailles se sont écartées et la pointes des seins de ma compagne se voient très facilement, j’en fais la remarque à Marielle, elle observe ses mamelons pointer à travers le pull et hausse les épaules, il n’y a rien à y faire.
Voilà un spectacle que les gens du coin ne sont pas près d’oublier, j’en ai entendu parler il y a encore quelques années.
Ceux qui s’en rappellent se souviennent d’une femme rousse avec ses tétons qui passaient à travers le tricot… quand je dis que le gars à côté c’était moi peu de gens me croient. La plupart sont convaincus que personne ne l’accompagnait. Certains ont vu la dame blanche, ici d’autres ont vu la dame rousse, allez comprendre !
Bref, nous sommes repassés par mon village, par bonheur sur le trajet, le soleil nous a permis de faire sécher le tee-shirt de ma belle, il était presque 20h quand nous sommes rentrés chez moi.
Je me suis changé pendant que Marielle mangeait un peu de pain et de confiture. Mon père en a bien sur profité pour la passer à la question.
Je lui ai prêté un sweat, le soleil n’allait pas tarder à se coucher. J’ai moi aussi cassé une petite croûte vite fait puis nous somme repartis vers le village de vacance.
Marielle était inquiète vis à vis de sa mère, elle la craignait pas mal et l’heure était tardive.
Avant d’arriver à la Cité, Florence la petite sœur nous a aperçus et nous a rejoins.
Elle nous a fait un topo sur la situation qui nous attendait, la mère de Marielle voulait contacter la gendarmerie pour lancer des recherches. Pas glop !
Quand nous sommes finalement arrivés, Marielle a filé droit chez elle, Florence est restée auprès de moi, elle m’a timidement demandé si on avait « fait quelque chose ».
J’ai supposé qu’elle parlait de sexe, je lui ai dit non et je lui ai raconté l’essentiel de notre promenade. Elle m’a tapoté le bras et elle m’a dit que si je ne devais plus revoir Marielle, elle accepterait que je l’embrasse quand elle serait plus grande.
J’ai sourit. Elle a filé chez elle et peu après c’est Grand-mère qui est passée me voir, Florence lui avait tout raconté.
Grand-mère m’a annoncé que Marielle serait probablement obligée de ne plus quitter le village de vacances, la pauvre dame était plus triste que moi je crois.
Elle m’a remercié d’avoir pris soin de sa petite fille puis m’a dit que je ne la reverrais pas de la soirée.
J’avoue qu’à ce moment là, je m’en suis voulu à mort de ne pas avoir fait plus attention à l’heure ni à la météo, mais c’était trop tard, j’ai souhaité le bonsoir à Grand-mère puis je suis rentré.
Par bonheur, mes parents ont eu la bonne idée de ne pas aborder le sujet pendant la soirée.
Je n’ai revu Marielle que 4 jours plus tard.
Les animateurs avaient organisé une ballade à travers bois, le groupe à traversé mon village, j’ai repéré Marielle, j’ai pu voir sa mère aussi pour la première fois, Florence est sortie du groupe un court moment pour venir caresser ma chienne, j’étais à proximité entrain de mettre en place un nouveau banc à l’ombre d’un frêne. Florence m’a chuchoté de passer le soir même à la Cité. Je lui ai dit merci puis j’ai ordonné à ma chienne de suivre la petite.
A bonne distance, la chienne a suivi le groupe tout le long de leur ballade, le soir en me rendant au village de vacance, je l’ai trouvé couchée aux pieds de Florence.
J’ai pu revoir Marielle, elle avait les yeux rougis à force de pleurer. Sa mère l’avait obligée à se couvrir des pieds à la tête, en plein mois d’aout, c’était jogging et sweat-shirt, pas de piscine bref, elle lui a pourri ses vacances.
Evidemment, il n’était plus question d’échanger le moindre baiser.
Nous avons quand même pu nous parler ce soir là. Sa mère craignait que je profite de la naïveté de sa fille, ça m’a fait rire, le plus naïf des deux c’était sûrement moi.
Je suis revenu le lendemain soir, il y avait une animation pour les minos du village, Marielle devait seconder les animateurs sur un stand, vu que la nuit est vite venue et faute d’éclairage, ils ont rapidement arrêté. J’ai aidé au rangement puis nous avons installé une table et quelques chaises sur un terrain de volley face à la salle où se passait le reste de l’animation.
Marielle m’a rejoint, d’autres jeunes sont venus et nous avons discuté de tout et de rien.
Petit à petit, les gens sont rentrés chez eux, les jeunes nous ont laissé, j’ai échangé quelques adresses. Puis je me suis retrouvé seul avec Marielle.
A ce moment, j’étais persuadé qu’elle allait devoir rentrer, elle aussi d’ailleurs.
Nous nous regardions comme 2 pauvres chiens battus, parlant à voix basse.
Florence est passé nous voir et nous a annoncé que Marielle pouvait rester aussi tard qu’elle le souhaitait mais sans quitter les lieux.
Nos soupirs de soulagement ont du s’entendre à des kilomètres à la ronde. Je n’en demandais pas plus, la petite m’a laissé un sac d’os à ronger pour ma chienne, je lui ai fait une bise sur la joue puis elle a filé en nous faisant promettre de ne pas faire de bêtises.
Avec Marielle, nous avons passé une bonne partie de la nuit à parler, ses vacances se terminaient dans 2 jours, j’ai senti mon cœur se déchirer. Je me rappellerai toute ma vie cette nuit. La lune s’était levée, bien ronde et elle nous diffusait sa lumière, ça été magique lorsque les lumières du village se sont éteintes.
Avec l’accoutumance, je la voyais parfaitement, nous nous sommes un peu rapprochés pour nous tenir la main, elle souriait mais je voyais les larmes perler dans ses yeux.
Elle m’a beaucoup parlé de ce qu’elle allait faire en rentrant de vacances, de sa mère aussi qui n’acceptait pas de voir sa fille grandir et lui refusait tout contraceptif.
J’avoue qu’a cette époque, je n’étais pas vraiment informé la dessus et au final, j’étais convaincu du bien fondé de la décision de sa maman de nous tenir à l’œil.
Nous avons abordé aussi ses prochaines vacances, nous nous sommes évidemment rendus compte qu’il était fort probable que nous ne nous reverrions jamais.
Marielle s’est mise à pleurer et bien sur, pas le moindre mouchoir à l’horizon, je me suis levé et je suis allé vers le bar, la mère de Marielle était assise juste à côté, elle m’a tendu un paquet de kleenex, je l’ai remercié et lui ai dit bonsoir.
En revenant auprès de Marielle, je n’ai rien dit sur la présence de sa mère entrain de nous écouter. Nous avons continué à parler, à nous murmurer des mots tendres à nous promettre des choses sachant qu’il y avait peu de chances de les voir aboutir.
Puis le froid et la fatigue nous ont obligés à nous séparer, bien que ni l’un ni l’autre n’en ait envie.
Le lendemain soir, je suis repassé, Marielle était là, nous n’avons pas pu discuter très longtemps. Nous avons échangé nos adresses et nos téléphones, j’ai du lui promettre de déchirer toutes les adresses des autres filles avec qui j’avais échangé.
Ça nous a fait rire quand je lui ai dit que Florence m’avait laissé ses coordonnées.
Sa mère l’a appelé discrètement, c’était la première que je l’entendais parler. J’ai su alors de qui Marielle tenait sa voix.
Nous nous sommes embrassés une dernière fois puis elle est rentrée.
Je suis resté un long moment assis seul à essayer d’imaginer par quel moyen je pourrais retrouver ma bien aimée. Ma vie est ma famille était ici, la sienne était pour moi à l’autre bout du monde. Machinalement, je me suis mis à balancer des cailloux dans la piscine, un caillou par solution rejetée, puis lorsque j’ai entendu des voix approcher, je me suis éclipsé discrètement.
Le lendemain soir je suis revenu, discrètement, je savais que Marielle était repartie chez elle mais comme un chien en peine j’ai tourné autour du logement qu’elle avait occupé. Je cherchais son odeur, je cherchais à entendre sa voix puis je me suis perché en haut du vieux chêne où elle m’avait embrassé la première fois et j’ai pleuré, j’ai pleuré pendant des heures avec la lune comme seule témoin.
Puis j’ai repris ma vie… elle avait 18 ans
Mais ça ne s’arrête pas là…
J’ai gardé contact avec ma belle pendant les mois qui ont suivis. Sa mère ne lui lâchait toujours pas la bride et s’échinait à intercepter nos courriers, grâce à la petite Florence, nous avons quand même pu continuer à échanger.
J’avais bien leur numéro de téléphone, mais, la mère et la fille ayant la même voix ou a peu prêt, je n’ai jamais osé m’en servir de peur de faire une bourde.
Je l’ai revue 3 ans plus tard, j’avais migré sur Paris, j’étais dans la vie active, je gagnais ma vie et un beau jour, je reçois une lettre de Marielle me disant qu’elle venait faire un séjour sur Paris pour une compétition.
J’ai cru que j’allais exploser de joie, j’habitais alors dans un foyer, enfin, c’était plutôt un squat en fait. Je me suis mis à paniquer quand j’ai constaté la pauvreté de la décoration de ma chambre, le manque de confort et tout ça.
Marielle m’annonçait son arrivée pour le weekend suivant.
J’ai claqué ma modeste paye en achat d’objets de décoration, en produits ménagers et en vêtements.
J’ai entièrement modifié l’ameublement, tout récuré de fond en comble.
Le jour J arrive enfin, je réceptionne ma belle à la gare.
Là, je la retrouve, aussi resplendissante que lorsque je l’avais quittée. Un bonheur !
Nous nous sautons dans les bras, nous nous embrassons, nous pleurons.
Et voilà qu’un agent de quai nous apostrophe méchamment en disant que nous n’avons pas à faire ceci ou cela dans un lieu public.
Quel empêcheur de tourner en rond celui-là, je commence à grogner mais Marielle me prends par la main et nous filons de la gare.
Nous partons en balade dans Paris en roucoulant comme un jeune couple de pigeon mais, au bout de quelques minutes, on se rend compte qu’il y a un truc qui cloche. Les gens n’aiment pas trop voir le bonheur chez les autres. De plus en plus mal à l’aise, nous décidons de passer par ma chambre pour déposer son sac et d’aller diner au restaurant ensuite.
Sur le trajet en RER, nous discutons des 3 années passées, Marielle m’apprends qu’elle a rencontré un autre homme, je la fais taire gentiment. Je lui explique que moi aussi, j’ai certains détails à lui raconter et qu’il y a mieux qu’une rame de RER pour le faire.
Je ressens une vague inquiétude et Marielle aussi si j’en crois son expression. La conversation s’arrête et nous restons muets jusqu’à la sortie du RER.
Pendant le trajet jusqu’à ma chambre, je lui raconte que l’année précédente, j’ai rencontré une jeune femme dont j’étais tombé amoureux et avec laquelle j’ai couché, mais sa famille ayant décidé de mettre les pieds dans le plat et de nous forcer au mariage, j’ai préféré mettre aussitôt fin à notre relation.
Aujourd’hui encore, je pense que ma franchise m’a couté très cher. Après ma révélation, j’ai observé Marielle et j’ai attendu sa réaction. Elle m’a remercié pour ma franchise, m’a assuré que cela n’avait pas d’importance pour elle mais, son regard exprimait autre chose. Même ses sourires ne sont pas parvenus à me convaincre que je ne l’avais pas profondément blessée.
J’ai eu beau la questionner, elle n’a pas voulu en parler davantage.
De son côté, c’est une fois dans ma chambre qu’elle s’est décidée à me parler d’une liaison qu’elle avait eu 2 ans auparavant avec un étudiant. Elle avait voulu défier sa mère qui lui refusait toujours le droit de vivre sa vie. En avouant sa coucherie à sa mère celle-ci n’avait pas eu d’autre choix que de lui accorder les moyens pour utiliser la pilule contraceptive.
Je ne lui ai rien reproché, nous nous étions promis de nous déniaiser ensemble mais convaincus que nous ne nous reverrions jamais, nous avons tous les deux fait un autre choix.
Je lui rappelais toutefois la promesse qu’elle m’avait faite peu avant le fameux orage, celle-ci était toujours valable.
Pour nous consoler, nous avons échangé quelques baisers.
Il n’y avait pas eu d’amour entre elle et son étudiant j’en étais heureux mais complètement inconscient que de mon côté, je ne pouvais pas en dire autant. Ma culpabilité m’a sauté à la gueule mais à retardement, bien trop tard.
Ensuite nous sommes ressortis pour aller diner, dans le restaurant il y avait un type qui jouait du violon et bien sur, le joli couple que nous formions eu droit à son concert privé.
Nous avons beaucoup parlé de notre futur. Elle souhaitait rester en Province. J’ai hésité avant de répondre que je souhaitais rester sur Paris alors qu’en première intention j’avais eu envie de lui dire que mon souhait était de rester auprès d’elle…quel con j’ai fait ! Ma connerie allait me sauter à la gueule aussi, à retardement comme d'hab'.
Une fois le diner achevé, nous nous sommes promenés un moment dans le quartier puis nous avons regagné ma chambre.
A peine la porte de ma chambre refermée, nous nous sommes enlacés, nous avons échangé quantité de baisers puis nous nous sommes mutuellement déshabillés.
Un voisin de chambre est alors venu toquer à ma porte, Marielle s’est réfugiée dans la salle de bain pendant que j’enfilais un jogging et allais ouvrir à l’intrus.
Le gars me réclamait une cassette vidéo qu’il m’avait prêtée la veille, bref, je lui rends son bien et atchao bonsoir.
Je file dans la salle de bain pour découvrir Marielle sortant de la douche, elle avait bien mis à profit l’intermède.
J’attrape une serviette et vient délicatement la sécher. Nous reprenons nos jeux érotiques tout en nous dirigeant progressivement vers mon lit.
(un modeste lit 1 place, avec armature en bois et sommier à lattes)
Nous nous allongeons et poursuivons nos ébats. Nous prenons notre temps, profitant l’un de l’autre, de nos corps et du temps que nous avons.
Je ne sais pas combien de temps nous avons joué ainsi, mais je ne parvenais pas à me décider à la pénétrer tant ses réactions à mes caresses ou à mes baisers la faisait grogner de plaisir.
De son côté elle prit grand soin de bien m’exciter en se lovant sur moi, se frottant lascivement sur mon sexe.
Quand nous nous sentîmes prêts, je l’a pénétrais en position du missionnaire.
Nous étions au paradis, nous partagions l’amour de nos cœurs et l’amour de nos corps.
Il n’y eu pas la moindre maladresse, pas la moindre douleur.
Avec ses mains, Marielle m’incita à accélérer le mouvement, à lui donner plus d’amplitude.
Je lui obéis docilement, nos souffles se faisaient plus court, nous approchions du point de non retour lorsque quelqu’un toqua à nouveau à ma porte.
Nous avons ignoré l’intrus et poursuivi nos ébats, Marielle avait croisé ses jambes dans mon dos et se soulevait le bassin afin de s’offrir davantage, je m’étais légèrement redressé pour lui offrir toute ma longueur.
Je poussais de plus en plus fort en prenant appui avec mes pieds sur le cadre du lit et… crac… badaboum… le lit s’est effondré.
J’ai ressenti une vive douleur à la cheville et Marielle se mordait la lèvre pour ne pas crier.
Elle se cramponnait au sommier avec les mains lorsque le lit s’est effondré, quand à moi, mon pied s’est retrouvé pris dans le pied de lit et ma cheville avait un angle bizarre.
Je me suis relevé comme j’ai pu puis j’ai aidé Marielle à se dégager.
Elle retenait ses larmes tout en auscultant ses mains, je me souviens de lui avoir dit à ce moment là que nous étions maudits. J’ai regardé ma cheville, puis j’ai tapé le pied au sol bien droit, il y a eu un crac, j’ai eu des points noirs dans mon champ de vision mais ma cheville avait repris sa place et je m’étais méchamment mordu la langue.
Résultat, nous étions tout les deux éclopés et bien incapables d’aller jusqu’au bout de nos intentions.
Je disposais d’une trousse de premiers secours et je m’en suis servi pour soulager les douleurs de Marielle, heureusement une de mes baskets s’était trouvé coincée sous l’armature du lit, cela avait limité l’écrasement des mains de ma pauvre chérie.
Au bout de quelques minutes la douleur s’est estompée, il n’y avait pas d’os cassé ni de bleu à venir. De mon côté, j’avais plus mal à ma langue qu’à ma cheville, j’ai pommadé puis bandé ma cheville et je suis allé me rincer la bouche.
Quand je suis revenu dans la chambre, Marielle m’a dit : « c’est peut-être vrai ! »
Je lui ai répondu : « Quoi donc ?» Elle m’a regardé tristement puis a dit : « que nous sommes maudits ».
J’avais beau m’en défendre, il fallait admettre que nos rapports étaient souvent ponctués d’interruption en tout genre.
Je lui ai proposé un thé, elle a accepté, elle s’est ensuite vêtue de son peignoir. Par décence, je me suis vêtu de mon jogging, nous avions belle mine.
Pendant que l’on buvait le thé, je regardais mon pauvre lit, les mains de Marielle puis mon pied et j’ai pouffé de rire, je me disais que c’était un vrai désastre.
Marielle m’a regardé et m’a demandé pourquoi je riais, je lui ai répondu que pour la prochaine fois, il nous faudrait prévenir les pompiers ou le SAMU.
Elle s’est mise à rire aussi en rajoutant que nous n’étions pas doués.
J’ai proposé de remettre un peu d ‘ordre dans la chambre, elle s’est éloignée de ce qui restait du lit.
J’ai mis dans un coin toute l’armature du lit et le sommier, pas une latte n’avait lâché mais les vis d’assemblage de l’armature avait cassé ou s’était complètement tordues.
A nous deux on ne devait pas peser plus de 110 kg, de la guimauve ces lits.
(quelques jours plus tard, un voisin de chambre a eu la même surprise pendant qu’il dormait, on a tous balancé nos lits à la poubelle et dormit sur les matelas)
Bref, j’ai refait le lit à même le sol, nous nous sommes allongés l’un contre l’autre. Marielle a voulu m’embrasser mais elle a rapidement senti le goût du sang dans ma bouche, je l’ai traité de vampire, on a éclaté de rire, nos douleurs se sont réveillées évidemment, on pouvait plus se toucher sans que l’autre pousse un gémissement de douleur.
Pendant une bonne partie de la nuit on a parlé de ce qu’on aurait pu faire sans cet incident, ça nous a beaucoup excités d’évoquer toutes nos envies sans pouvoir les assouvir.
En plus il y avait l’odeur de sexe qui flottait dans l’air, j’ai voulu aérer mais Marielle m’a demandé de laisser comme ça, à un moment elle a pris ma main pour la placer entre ses cuisses, elle était ruisselante, je l’ai masturbée. Elle a ouvert ses jambes en grand, je l’ai pénétrée avec ma main sans difficulté tant elle était détendue et lubrifiée.
Après qu’elle ai eu son content de plaisir, elle a essayé de me masturber mais ses mains étaient trop douloureuses, je ne voulais pas qu’elle se sente coupable, j’ai guidé sa main vers mes fesses puis je me suis masturbé. Elle s’est mise à me caresser les fesses puis l’anus, j’ai accéléré mon mouvement, elle m’a demandé si elle pouvait entrer un doigt, j’ai dit oui.
Elle ne m’avait pas introduit plus d’une phalange que j’éjaculais sur son ventre.
Elle a sursauté quand elle m’a sentie lui lécher le sperme qui coulait sur son flanc, je me suis redressé et lui ai demandé si elle voulait goûter elle a hoché la tête.
Avec la langue, j’ai récupéré du sperme au creux de son nombril puis je l’ai embrassée.
Comme elle ne disait rien, j’ai dit que ça faisait moins vampire, du coup elle a pouffé, j’ai pris des postillons de salive et de sperme dans la figure, je me suis jeté sur elle et je l’ai toute barbouillée.
Nous avons passé une bonne partie de la nuit à jouer comme ça, des moments de détente et de conversation croisés avec des jeux sexuels.
Ou bien nous n’étions pas suffisamment expérimentés pour essayer d’autres positions ou bien nous n’en avons simplement pas eu l’idée mais cette nuit est restée pour moi la plus érotique que j’ai connue.
Le lendemain, au réveil, nous étions tout courbaturés et tout douloureux.
Marielle devait faire un match de hand ou de basket, elle pouvait refermer ses mains mais très lentement, c’était terminé pour son match.
Ma cheville était douloureuse mais pas trop enflée, j’ai refait une compresse puis j’ai aussi fait des compresses tartinées de pommade sur les mains de Marielle.
On s’est avalé un rapide petit déjeuner, un brin de toilette, Marielle a hurlé en voyant sa tête dans le miroir, elle avait des traces de sang et de sperme séché partout sur la figure. Je m’étais bien gardé de lui le signaler. C’était trop mignon !
Comme on s’était réveillés tard, on a du se dépêcher pour aller au rendez-vous de son match, elle ne jouerait pas mais se devait de supporter son équipe.
Son entraîneur a un peu fait la gueule quand il l’a vue dans cet état mais quand elle lui a dit comment ça c’était produit, il s’est éclaté de rire, il nous a montré la sortie en nous disant qu’il ne voulait surtout pas voir le plafond de gymnase s’écrouler sur le reste de son équipe.
Nous sommes sortis et nous nous sommes installés à la terrasse du café d’à côté pour attendre la fin du match.
Au fil des minutes, nos sourires se sont éteints, nos regards se sont chargés de tristesse.
Marielle allait bientôt repartir chez elle.
Pendant une mi-temps, ses équipières sont venues la voir, elle leurs a raconté nos péripéties, les filles se sont écroulées de rire, nous avons retrouvé un peu de gaieté puis elles sont retournées à leur match.
Lorsque je me suis tournée vers Marielle, son regard me fixait, elle s’est pincée brièvement les lèvres, signe de nervosité chez elle.
Elle m’a dit qu’elle avait une chose importante à me dire.
Je l’ai fixée sans sourciller, elle m’a annoncé qu’elle allait se marier d’ici la fin de l’année.
Là c’est carrément le doigt de Dieu qui m’a frappé en pleine poitrine, en tout cas ça doit ressembler à ça.
Purée, le choc que ça m’a fait.
Elle m’a expliqué que c’était sa famille qui voulait qu’elle se marie avec le fils d’un couple d’amis de son coin, qu’elle n’y pouvait rien, que tout était en cours de préparation etc… c’était évidemment sa mère qui tirait les ficelles, sa grand mère étant en maison de retraite, elle avait toute liberté pour diriger la maison.
Marielle a terminé en larmes en me demandant pardon. Avant que je puisse faire ou dire quoi que ce soit, le serveur s’est pointé avec une serviette papier et m’a fait remarquer sèchement que c’était pas bien de faire pleurer une jeune femme etc…la patronne du bar est sortie aussi pour venir la consoler en lâchant du « ah ces hommes ! » à tout bout de champ.
Ça tournait au cauchemar, Marielle a essayé de leur expliquer mais c’était peine perdue, je l’ai prise par la main et on s’est éloignés.
J’avais la tête qui tournait, j’étais mal, j’essayais bien d’assimiler tout ça mais la vieille question était revenue dans ma tête et avait bloqué le système : « Pourquoi moi ? »
J’ai pris sa tête entre mes mains et je lui ai demandé : « Pourquoi ? »
Elle a haussé les épaules, c’était la femme la plus misérable du monde à ce moment là.
On a pleuré ensemble un bon moment. Les passants nous regardaient mais on s’en foutait, on les envoyait bouler quand ils faisaient mine d’approcher.
C’était nos larmes à nous !
On a entendu appeler Marielle derrière nous, c’était une des filles de l’équipe. Le match était fini, un bus les attendait pour le retour.
Marielle m’a embrassé en fourrant un truc en papier dans ma main, j’ai pas regardé tout de suite ce que c’était.
Je lui ai demandé si j’allais la revoir, elle a fait non de la tête, elle m’a caressé les lèvres du bouts des doigts, elle m’a dit alors : « je t’aime, je t’aimerai toujours, ne m’oublies pas »
Elle est partie sans se retourner. Je l’ai regardé s’éloigner, monter dans le bus puis quand le bus est parti j’ai bousillé la vitre d’un abri bus à coup de pied, mon pied amoché, la vitre a explosée, j’ai rien senti, il y avait un agent RATP assis sur le banc.
Le mec s’est levé, il m’a mis la main sur l’épaule et il m’a dit : « j’ai rien vu, c’est pas cher payé pour ce qui vous arrive, allez marcher plus loin, avant que les flics arrivent »
Je suis parti en marchant comme un zombie, je me suis retourné pour regarder le type.
A la terrasse du café, il était assis derrière nous et à l’abri bus il était sur le banc, il avait donc tout entendu depuis le début et il avait compris.
Je ne sais plus comment je suis rentré chez moi ni à quelle heure mais il faisait nuit.
Je me suis allongé dans le noir sur mon matelas, j’avais envie de me jeter par la fenêtre.
Il y avait encore son odeur qui flottait dans la chambre et je n’avais que l’image de ce bus qui s’éloignait dans ma tête.
J’ai voulu me relever pour boire un verre d’eau, en prenant appui sur mes mains, ça m’a piqué.
J’avais gardé le papier dans la main tout le long du retour, c’était tout froissé.
J’ai allumé la lumière pour voir ce que c’était.
Ça ressemblait a une enveloppe en partie brûlée et c’était fermé par une agrafe.
J’ai défroissé délicatement, à l’intérieur il y avait plusieurs pages écrites, toutes portaient des traces de brûlures.
En dépliant une page, j’ai reconnu mon écriture, c’était les lettres que j’avais fait parvenir à Marielle par l’intermédiaire de sa sœur Florence.
Il n’ y a avait qu’une petite page bien blanche et intacte.
C’était pas l’écriture de Marielle, ni celle de Florence.
Il y avait écrit ceci :
« Jeune homme,
Malgré mes efforts, vous êtes tout de même parvenu à vos fins en vous servant de ma plus jeune fille pour courtiser mon aînée.
J’ai découvert Florence en train de brûler vos lettres afin de garder le secret.
Et bien soit, vous trouverez comme seule récompense toutes celles que j’ai sauvés des flammes.
Apprenez que Marielle se mariera au mois d’Octobre à un jeune homme de bien meilleur statut que le votre.
Sachez aussi, que nous déménageons dans la semaine.
De plus, j’ai expédié Florence au pensionnat de son université et j’ai demandé à lui faire bloquer son courrier.
Vous pouvez constater que je vous ai retiré tout moyen de contacter ou de revoir ma fille.
Au plaisir de ne plus avoir de vos nouvelles. »
La garce ! La charogne !
Elle avait gagné sur toute la ligne, la pauvre Florence.
Je n’avais pas de téléphone où on pouvait me joindre, juste une adresse qui faisait suivre à ce domicile encore non officiel.
La matrone avait sûrement du se faire remettre les carnets d’adresse et autres journaux intimes de ses filles ou les chercher elle même.
Et Marielle qui ne m’avait pas demandé ma nouvelle adresse…
Je me suis effondré sur mon matelas, cette fois c’était bien fini.
Je me suis endormi tel que, tout habillé. Au matin, je n’avais pas la force ni le courage d’aller au boulot, je suis allé à une cabine téléphonique, j’ai appelé mon chef puis je suis retourné me coucher.
J’ai passé 2 jours et 2 nuits sans sortir de ma chambre, sans manger et quasiment sans dormir.
Je restais allongé à renifler mon matelas en quête de son odeur.
J’espérais qu’on frappe à ma porte et que ce soit son visage qui m’apparaisse devant les yeux quand j’ouvrirai.
En fait, le directeur du foyer était venu frapper 2 fois sans obtenir de réponse, je ne l’avais même pas entendu. Les collègues de boulot qui savaient où j’habitais étaient passés pour voir ce qui n’allait pas.
A son troisième essais, le directeur a ouvert la chambre avec son passe, il m’a foutu sous la douche, à ouvert les fenêtres en grand pour aérer. Il me gueulait dessus, il voulait pas de drogués ici, etc… enfin des conneries quoi…
Il a vu les papiers noircis, il a jeté un coup d’œil puis a lu la lettre assassine.
Il est venu ensuite me relever de sous la douche et s’est excusé. On a parlé un peu tout les deux puis il m’a dit de me faire propre pour ce soir, j’avais besoin d’un remède, qu’il allait me soigner et que demain je serai apte à aller bosser.
J’ai obéi machinalement, le soir on a fait une virée dans un pub, j’ai pris une cuite monstrueuse, il m’a ramené à ma chambre et m’a même branché le réveil.
Le lendemain, je me suis levé et je suis parti bosser, je ne me rappelais plus de ce que j’avais fait des 3 derniers jours. Je n’étais même plus certain d’avoir revu Marielle dans le weekend.
En rentrant chez moi, j’ai cherché les lettres, impossible de les retrouver.
Marielle n’était jamais venue ici, j’avais tout rêvé.
Mais en fouillant partout, j’ai trouvé une autre lettre, écrite de la main de Marielle, cachée dans le meuble de la salle de bain sous une pile de serviettes.
Elle disait que je ne la reverrai plus et me demandais à ne plus chercher à la revoir.
Son mariage avec ce gars avait été arrangé depuis longtemps. La famille de Marielle était très vieille époque et que c’était assez courant dans sa région.
Son futur mari était l’héritier du propriétaire d’une petite usine fabricant des pièces pour l’aviation militaire et civile. Selon sa mère, un bon parti pour elle.
Elle s’excusait de m’avoir poussé à la revoir sachant ce qui l’attendait.
Plus loin, elle expliquait ce qu’elle allait devenir mais en baissant les yeux il y avait un paragraphe qui a attiré mon regard, j’ai sauté des lignes.
Ça commençait par :
« Maintenant, je vais répondre à ta question, tu sais, celle qui te rend muet mais si adorable, celle où tu te figes quand elle te vient à l’esprit et que tu ne dis plus rien :
Pourquoi toi ?
Et bien places-toi devant un miroir et réfléchi un peu à ce que moi j’ai vu la première fois.
Un beau jeune homme, élancé, la peau bronzée de la tête au pied, de joli cheveux châtains, de beau yeux verts, des membres fins mais bien découpés et musclés.
Un regard qui se promène partout, tu regardes partout, tu souris à ceux qui te sourient, tu restes discret, sur ta réserve.
Tu es prévenant, attentionné avec les gens qui t’entoures.
Tu es franc et honnête, ça fait mal parfois mais on te pardonne facilement.
Tu es patient, tu sais t’imposer aux autres avec douceur et tu es intelligent.
Contrairement à ce que tu penses ton cerveau fonctionne parfaitement.
Et pour couronner le tout tu sais rire et faire rire.
Il y a juste cette question qui te bloque, ne te la pose plus et ça ira.
Oh ! J’arrête là sinon tu vas prendre la grosse tête et tu risques de m’oublier.
Nous avons échangé des tonnes de promesses, nous ne les tiendrons pas et je le regrette.
Je t’aime Roger, je t’aimerai toujours, je te garde en moi à tout jamais.
Promets-moi d’en faire autant, promets-moi de ne pas oublier.
Si tu dois en tenir une, tiens-t’en à celle là et je serai heureuse pour le reste de mes jours
Ta bien aimée Marielle
Ps : si un jour, tu retournes à la Cité, tu pourras donner le bonjour au vieux chêne de ma part, et si tu veux, tu pourras grimper dessus pour discuter avec la lune. »
Fin de lettre
C’est là que les bombes ont explosé…
De nos jours :
Aujourd’hui, des qualités décrites par Marielle, il ne doit pas m’en rester beaucoup tant physique que morale, j’ai changé, la vie m’a changé. Et si nous nous retrouvions à nouveau, je ne suis pas certain que je lui plairais encore.
Mais j’ai tenu la promesse et je la tiens toujours, Marielle est dans mon cœur à tout jamais.
Contrairement à ce que chantait Tino Rossi, la dernière ne m’a jamais fait oublier toutes les autres, surtout pas la première.
Je veux croire qu’elle aussi tient toujours sa promesse.
Je veux croire que lorsque je grimpe à ce vieux chêne (bah oui il m'arrive de grimper encore aux arbres) pour parler à la lune ou pour y pleurer, Marielle m’entends toujours.
Je veux croire que le temps nous réunira de nouveau dans ce monde ou dans un autre.
Fin euh…finale





