En juillet 2003, une femme de Toronto qui participait à une fête privée s'est endormie sur un sofa. Elle s'est réveillée quelques heures plus tard au moment où Jan Luedecke la violait.
L'homme affirme qu'il dormait jusqu'à ce que la femme le pousse pour s'en dégager.Jan Luedecke a été acquitté d'accusations d'agression sexuelle en 2005. Le juge du procès s'est rendu aux arguments d'un témoin expert, qui a diagnostiqué un trouble du sommeil appelé en anglais « sexsomnia », qu'on pourrait traduire par « sexnambulisme ».
La Couronne ne conteste pas l'état de « sexnambulisme » dans lequel l'accusé se trouvait au moment des faits qui lui sont reprochés, mais elle considère que son acquittement inconditionnel menace la sécurité du public. Elle souligne que Jan Luedecke a commis ce genre d'actes à au moins cinq reprises et insiste sur le fait que ce n'est pas parce que les quatre premières partenaires étaient consentantes que cela élimine les risques de récidive.
Si elle ne parvient pas à faire renverser le verdict d'acquittement, la Couronne souhaite au moins convaincre la Cour que le somnambulisme sexuel s'apparente à une maladie mentale. Si elle y parvient, l'État pourrait exercer un suivi auprès des gens acquittés en raison de ce trouble. Par exemple, la prise obligatoire de médicaments pourrait être ordonnée.
En Angleterre, des cas semblables se sont déjà soldés par l'acquittement sans restriction d'individus accusés d'agression sexuelle.
Le sommeil devrait-il dangereux?



