
À travers un reportage sur la misère en Afghanistan, la journaliste avait mis en lumière les procédés d’échanges humains, celui de donner sa fille pour rembourser ses dettes ou bien de se séparer d’elle pour libérer sa famille d’une bouche à nourrir.
Stéphanie Sinclair avait d’ailleurs brillamment évité l’écueil qui consiste à condamner ces pratiques au nom d’une certaine conscience occidentale plaquée sur la misère subie en Afghanistan. Soulignant toute l’horreur de la condition de ces petites filles, elle avait cherché à comprendre ce qui conduisait ces familles à se séparer d’un enfant.
Mais au-delà de l’aspect choquant de ces clichés, nous devons comprendre que sous ces mariages précoces se cachent des manques nutritionnels et éducatifs. Et c’est en ce sens que l’Unicef, qui agit pour le rétablissement du système éducatif afghan, a tenu à récompenser le travail de lumière et de mise en perspective de Stéphanie Sinclair.
En Afghanistan, l’âge légal du mariage est de 16 ans. Mais on estime que près de 60 % des filles afghanes se marient avant d’avoir atteint cet âge. Ce phénomène se rencontre aussi en Asie et même en Iran où l’âge légal du mariage est désormais de 9 ans.

