"C'est original, les sujets qu'ils traitent nous touchent, c'est cool qu'ils apportent un changement. Et puis l'allemand, ça change, c'est inédit", explique Cindy, 14 ans, fan invétérée des Tokio Hotel qui a découvert les Killerpilze et les Nevada Tan il y a quelques jours.
Pour le moment, les professionnels ne veulent pas parler d'un phénomène du rock allemand. Rien de marketing donc ? Pas si sûr. Chez Oui FM, on estime que tout cela est largement orchestré : "les labels demandent aux fans d'écrire aux radios pour demander que leurs groupes soient diffusés", alors même que "ce n'est pas exactement notre cible, c'est trop 'teenager', trop 'ados romantiques'".
Alors la recette, c'est quoi ? D'abord l'âge des artistes et ce qu'ils disent : "des jeunes qui s'adressent aux jeunes sans les prendre pour des abrutis", résume Guénaël Geay. Ce qui n'était pas si courant. La Fee "parle de l'amour, du suicide, de l'anorexie... Des sujets qui touchent les ados", explique-t-on chez EMI. Ensuite, des identités ou des personnalités fortes. Ça aussi, c'est plutôt nouveau. Dans cette tranche d'âge en tous cas. "Ce ne sont pas des ‘nouveaux Spice Girls', avec un profil prédéterminé pour chacun. Bill (des Tokio Hotel) se maquille et a les cheveux en pétard depuis qu'il a 13 ans. Il a toujours eu son style à lui, entre le gothique et le manga. Quand ils font un concert, les Tokio Hotel s'habillent comme ils veulent. Pas question qu'on les coache."
Troisième bon point : "l'allemand étant une langue que les parents ne comprennent pas forcément, c'est une manière pour les ados de mettre une barrière", d'avoir leur univers...
Bon je crois qu'il est temps que je me mette à l'allemand alors...



