LE film qui m'a scotchée récemment.
Sorti en DVD, n'hésitez pas à aller le louer, il est trop extra...
L'histoire :
Andrej Romanovic Evilenko, le monstre de Rostof : tueur, violeur,
cannibale ! Une cinquantaine de victimes à son actif dont, pour la
plupart, des enfants d'une dizaine d'années. Voilà le CV du bonhomme !
Personnage de fiction ? Pas du tout, ce "brave" homme a sillonné (à
coups de lame de rasoir) l'Ukraine et la Russie pendant des années, et
n'a été condamné et exécuté qu'en 1994 ! Pas très populaire notre
tueur, et pourtant, il a de quoi faire pâlir les "stars" du genre avec
une méthodologie et une efficacité sidérante.
Evilenko débute sa carrière dans l'école où il enseigne. Prônant les
valeurs du parti, la rigueur et la sévérité due à son rang de maître
d'école. Il tente d'abuser d'une de ses petites élèves (scène d'une
cruelle vérité dans le film de Grieco). Evincé par le directeur,
l'affaire est cependant étouffée. Pour ses valeurs politiques
radicales, il va être récupéré par le KGB qui lui confiera pour mission
de débusquer les mauvais Russes au sein de la compagnie des chemins de
fer. Et puis catastrophe, c'est l'arrivée de Gorbatchev et les premiers
frémissements d'une perestroïka destructrice pour le parti.
C'est cette rupture de mentalité dans les esprits soviétiques qui sera
le déclencheur de sa folie meurtrière. Certes la perversion et la
déviance sexuelle sont des moteurs fondamentaux mais l'idée de voir
"ses" enfants sombrer dans la déchéance de la démocratisation
capitaliste le répugne.
Attention, Evilenko a débuté ses agissements criminels bien avant
l'arrivée de Gorbatchev au pouvoir, mais l'on constate une
multiplication de ceux-ci après ce bouleversement politique.
Malcolm McDowell, en état de grâce, campe le personnage du tueur en
série. D'une justesse remarquable, on se rend compte encore une fois
que cet acteur hors du commun n'a pas eu la carrière qu'il méritait.
La force du film se situe principalement dans la subtilité de la mise
en scène. David Grieco s'extrait avec brio des clichés imposés par
Hollywood depuis les succès planétaires de films comme "Seven" ou "Le
Silence des agneaux", et propose une oeuvre sobre et puissante à la
fois. A aucun moment il ne sombre dans la gaudriole visuelle. La
subjectivité à l'image des agissements d'Evilenko souligne l'horreur de
ses actes. Tomber dans le grand guignol ou le gore aurait décrédibilisé
le métrage.
Mais plus qu'un simple thriller, Grieco met en évidence la fragilité
d'une société en pleine mutation. D'un côté la propagande communiste
tenace et conservatrice d'une intelligentsia réac' bien en place et de
l'autre la volonté de s'ouvrir au monde. Les répercussions sur
l'enquête de police sont évidentes. D'un côté, une police jeune et
dynamique pressée d'en découdre avec le tueur et de l'autre la vieille
garde du KGB, défendant son agent, allant jusqu'à le faire libérer de
sa garde à vue (rappelons-nous que le film est inspiré de faits
véridiques !).
Mais plus que la mise en scène, c'est la photographie qui impressionne.
L'ambiance est très particulière, et trouble le jeu vu le contexte
historique de l'intrigue. L'univers dépeint par le réalisateur est
glacial. On est loin, très loin de la carte postale idyllique. Les
villes et villages mis en scène sont sales, détériorés voire archaïques
et prouvent une fois de plus l'échec de la doctrine stalinienne.
Même si au final, on retiendra quelques petites longueurs et lenteurs
narratives, Evilenko se révèle être une petite merveille subversive et
bouleversante. L'interprétation est de tout premier ordre et la qualité
de réalisation est à marquer d'une pierre blanche dans le paysage du
cinéma italien contemporain, ce qui prouve une fois de plus à tous ses
détracteurs qu'il n'est pas mort !
Et puis la musique de Badalamenti, une fois de plus, fait mouche.
(source : http://films.psychovision.net/critique/evilenko-431.php )
Pour moi, c'est vraiment LE meilleur film au monde.
Tout est dit dans ce résumé : les acteurs sont prodigieux, la musique est superbe, les décors et la photographie sont magnifiques. A voir absolument !!
My best movie in the world : EvilEnko !
- Cara
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