Gériatrie : Désolée mais trop besoin de me défouler!!!!
Posté : 20/01/2009 17:26
J'ai besoin de votre réconfort, chers amétissiens qui avez-toujours été là pour moi!
Je ressens depuis plusieurs semaines une sorte de rage qui ne va pas en s'arrangeant, qui au contraire va en s'aggravant et je ne sais plus quoi faire pour m'apaiser.
Contre mon travail.
On travaille comme des chiens, on a eu une période des fêtes hyper difficile physiquement et nerveusement et ça continue!
C'est partout pareil en gériatrie.
*On est en sous-nombre clairement (chez nous, maison de retraite "très bien cotée" 40 personnes âgées dépendantes pour 3 aide-soigantes et demi dans le meilleur des cas!).
*Absentéisme non remplacé.
*Matériel et locaux non adaptés.
*Organisation toujours anarchique.
*Financements de plus en plus réduits alors que les personnes âgées... Sont de plus en plus nombreuses & dépendantes (cause : progrès de la médecine, acharnement thérapeutique etc)
Je suis furieuse contre le directeur de la maison où je travaille qui a cru bon de nous "rappeler à l'ordre" en nous disant qu'on faisait mal notre boulot et qu'on était (en gros) que des feignasses sans conscience professionnelle alors que CHAQUE JOUR nous donnons tout ce que nous avons pour faire au mieux, ou au moins mal...
A une époque où on nous parle de maltraitance dans les maisons de retraites, je trouve dégueulasse de tout remettre sur le dos des soignantes.
Les soignantes maltraitantes existent certes, mais elles ne sont pas si nombreuses que ça.
Dans les fait, ce sont les institutions, et par extension l'Etat qui sont maltraitants.
On nous pond des émissions diabolisantes sur la maltraitance dans les maisons de retraite... J'ai vu cette émissions, "les infiltrés".
Un torchon! Au lieu de "s'infiltrer" pourquoi ne pas être allé à la rencontre des soignants? Pourquoi ne pas leur avoir demandé d'expliquer leur point de vue, ce qui ne va pas?
Je vais vous dire ce qui se passe réellement dans les maisons de retraite.
Le personnel souffre, les résidents souffrent, les familles souffrent.
On en demande de plus en plus aux personnels qui n'ont même plus le temps de s'occuper des gens comme il faut!!
Nous sommes dégoutés par le manque d'écoute des gens qui auraient le pouvoir de faire bouger les choses.
Dégoutés. Sans espoir et sans illusion.
Le Directeur de ma maison nous a "rappelé à l'ordre" : en guise de voeux de bonne année. Il a dénoncé notre "laisser-aller"...
Alors que nous donnons même au dessus de nos forces et de nos moyens humains, que nous nous battons chaque jour contre la montre, contre la maladie, contre la mort et contre les difficultés matérielles et d'organisation.
Nous lui avons écrit une lettre de réponse, en expliquant notre quotidien, parce que notre travail c'est presque un tiers de notre vie!
Parce que nous prenons notre travail à cœur et que ces accusations étaient injustes là où il aurait du nous féliciter!!
Nous avons eu ce matin un retour sur notre lettre, il nous a "remercié pour la lettre" (!) il nous a fait comprendre à quel point il se foutait de nos revendications... Son retour sur notre lettre? Rien. Rien. Pas de réponse, pas d'excuse, pas de remise en question.
Discussions avec la cadre de santé, avec la médecin chef, avec la psy... Rien.
Il ne reste que la colère, qui après ce matin s'est transformée en fureur. Je n'ai jamais été aussi furieuse, jamais de toute ma vie.
J'ai choisi de travailler en gériatrie parce que ce métier était une source d'épanouissement, je me sentais utile. J'étais contente d'aller travailler le matin!
En trois ans et après avoir fait plusieurs maisons de retraite, je vois les conditions de travail se dégrader de jour en jour. Ce n'est pas une simple expression : chaque jour voit un nouveau problème surgir.
Un nouveau patient qui devient dépendant, un nouveau financement supprimé, une nouvelle démission non remplacée, une nouvelle fin de vie dans la solitude et la souffrance, un nouveau manque de respect de la part de nos supérieurs hiérarchiques, un nouveau conflit dans l'équipe pluridisciplinaire, une coupure d'eau, une épidémie de gastro, une famille qui porte plainte (à la direction voire à la police) sans chercher à dialoguer avec nous...
Que faire?
Je cherche bien entendu un autre travail, si possible dans l'animation. Pas dans le soin.
J'en ai marre de soigner des gens : je n'arrive plus à les soigner et je ne veux pas être maltraitante.
Hélas le seul moyen de ne pas être maltraitant c'est de travailler ailleurs qu'en gériatrie, et plus largement ailleurs que dans la santé.
Je ressens depuis plusieurs semaines une sorte de rage qui ne va pas en s'arrangeant, qui au contraire va en s'aggravant et je ne sais plus quoi faire pour m'apaiser.
Contre mon travail.
On travaille comme des chiens, on a eu une période des fêtes hyper difficile physiquement et nerveusement et ça continue!
C'est partout pareil en gériatrie.
*On est en sous-nombre clairement (chez nous, maison de retraite "très bien cotée" 40 personnes âgées dépendantes pour 3 aide-soigantes et demi dans le meilleur des cas!).
*Absentéisme non remplacé.
*Matériel et locaux non adaptés.
*Organisation toujours anarchique.
*Financements de plus en plus réduits alors que les personnes âgées... Sont de plus en plus nombreuses & dépendantes (cause : progrès de la médecine, acharnement thérapeutique etc)
Je suis furieuse contre le directeur de la maison où je travaille qui a cru bon de nous "rappeler à l'ordre" en nous disant qu'on faisait mal notre boulot et qu'on était (en gros) que des feignasses sans conscience professionnelle alors que CHAQUE JOUR nous donnons tout ce que nous avons pour faire au mieux, ou au moins mal...
A une époque où on nous parle de maltraitance dans les maisons de retraites, je trouve dégueulasse de tout remettre sur le dos des soignantes.
Les soignantes maltraitantes existent certes, mais elles ne sont pas si nombreuses que ça.
Dans les fait, ce sont les institutions, et par extension l'Etat qui sont maltraitants.
On nous pond des émissions diabolisantes sur la maltraitance dans les maisons de retraite... J'ai vu cette émissions, "les infiltrés".
Un torchon! Au lieu de "s'infiltrer" pourquoi ne pas être allé à la rencontre des soignants? Pourquoi ne pas leur avoir demandé d'expliquer leur point de vue, ce qui ne va pas?
Je vais vous dire ce qui se passe réellement dans les maisons de retraite.
Le personnel souffre, les résidents souffrent, les familles souffrent.
On en demande de plus en plus aux personnels qui n'ont même plus le temps de s'occuper des gens comme il faut!!
Nous sommes dégoutés par le manque d'écoute des gens qui auraient le pouvoir de faire bouger les choses.
Dégoutés. Sans espoir et sans illusion.
Le Directeur de ma maison nous a "rappelé à l'ordre" : en guise de voeux de bonne année. Il a dénoncé notre "laisser-aller"...
Alors que nous donnons même au dessus de nos forces et de nos moyens humains, que nous nous battons chaque jour contre la montre, contre la maladie, contre la mort et contre les difficultés matérielles et d'organisation.
Nous lui avons écrit une lettre de réponse, en expliquant notre quotidien, parce que notre travail c'est presque un tiers de notre vie!
Parce que nous prenons notre travail à cœur et que ces accusations étaient injustes là où il aurait du nous féliciter!!
Nous avons eu ce matin un retour sur notre lettre, il nous a "remercié pour la lettre" (!) il nous a fait comprendre à quel point il se foutait de nos revendications... Son retour sur notre lettre? Rien. Rien. Pas de réponse, pas d'excuse, pas de remise en question.
Discussions avec la cadre de santé, avec la médecin chef, avec la psy... Rien.
Il ne reste que la colère, qui après ce matin s'est transformée en fureur. Je n'ai jamais été aussi furieuse, jamais de toute ma vie.
J'ai choisi de travailler en gériatrie parce que ce métier était une source d'épanouissement, je me sentais utile. J'étais contente d'aller travailler le matin!
En trois ans et après avoir fait plusieurs maisons de retraite, je vois les conditions de travail se dégrader de jour en jour. Ce n'est pas une simple expression : chaque jour voit un nouveau problème surgir.
Un nouveau patient qui devient dépendant, un nouveau financement supprimé, une nouvelle démission non remplacée, une nouvelle fin de vie dans la solitude et la souffrance, un nouveau manque de respect de la part de nos supérieurs hiérarchiques, un nouveau conflit dans l'équipe pluridisciplinaire, une coupure d'eau, une épidémie de gastro, une famille qui porte plainte (à la direction voire à la police) sans chercher à dialoguer avec nous...
Que faire?
Je cherche bien entendu un autre travail, si possible dans l'animation. Pas dans le soin.
J'en ai marre de soigner des gens : je n'arrive plus à les soigner et je ne veux pas être maltraitante.
Hélas le seul moyen de ne pas être maltraitant c'est de travailler ailleurs qu'en gériatrie, et plus largement ailleurs que dans la santé.