ça me rappelle une histoire que j'ai moi même vécu...
J'étais en terminale, et j'avais l'habitude de faire la fête tous les samedis avec la bande de skaters-losers du lycée.
Donc le genre de fête heu... Très... Enfin le genre de fête où si les flics avaient débarqués on aurait tous finis au poste quoi.
Mais le fait est que dans le fond on s'ennuyait grave dans cette petite ville de campagne morbide.
Alors un soir on a entendu parler d'une fête privée dans un patelin a côté.
Par chance un mec qui avait le permis squattait depuis quelques semaines avec nous... Ni une ni deux, voilà qu'on s'incruste.
Sur place, mes potes ont croisé un mec de 21 ans qui était pote avec un des grands frères de la bande.
Et dans cette bande des "grands", il y avait un mec... J'ai eu le coup de foudre immédiatement... J'ai pas osé l'aborder.
Déjà parce que ma petite bande de losers avait pas très bonne réputation, ensuite parce que j'avais 19 ans et lui 23, qu'il était beau comme un dieu (con comme un balais aussi mais ça je l'ai su que bien plus tard), que je savais rien sur lui... J'ai perdu tous mes moyens.
Le lendemain je tournais en rond dans ma chambrette d'ado. Comment j'allais faire pour le retrouver alors que je savais ni son prénom, ni où il habite, et que très vaguement avec qui il zone? J'ai fini par en parler à la seule autre fille de la bande, en lui faisant jurer de tout garder pour elle, mais elle pouvait pas m'aider, elle savait pas non plus qui il était.
Le samedi suivant, mes petits losers sont tous partis à un concert de Eths à Vitry le François, et moi je suis restée en ville prétextant que j'étais trop crevée pour pogotter... Tout ça parce que c'était la foire annuelle et que je me disait que j'aurais une chance de le croiser.
Et je l'ai croisé!! De loin, mais je l'ai croisé et j'ai pu identifier sa bande au grand complet. Parmi eux, deux des grands frères de mes potes, et aussi le dealer officiel d'un de mes potes.
Le week end suivant j'étais avec mon mec... Eh oui, le pire c'est que j'avais un mec... Je vous raconte pas l'horreur pour tout lui cacher. Je faisais tout pour l'esquiver, il se doutait de quelque chose... Bref
Et donc mon mec m'emmène a une soirée avec "des potes du cousin de son meilleur ami".
Une fois sur place... IL ETAIT LA 8O
J'ai pas décroché un mot de toute la soirée, j'étais hyper mal. J'ai tué le temps à me saouler dans un coin du canapé, à discuter vaguement avec le meilleur ami de mon mec...
Mais je me suis dit "c'est le destin c'est pas possible!!"
Petit a petit, les choses se sont dégradées avec mon copain, on a fini par rompre.
J'ai quand même gardé mon petit secret pour moi pendant longtemps. J'avais peur que les autres me jugent d'avoir flashé sur un inconnu alors que j'étais en couple. En plus c'était délicat parce que comme j'étais célibataire ils pensaient peut-être que cette fois j'allais sortir avec un d'entre eux...
Un soir j'ai raconté que j'avais besoin d'acheter du shit et que mon dealer habituel était en pénurie
Mon pote qui était ami avec le dealer des "grands frères" m'a dépanné.
J'ai renouvelé le truc plusieurs fois. A chaque fois il me faisait attendre en bas de chez son dealer : il vivait chez ses parents et ces derniers n'avaient aucune idée des activités illégales de leur fils chéri. Donc la règle c'était "pas de nouvelles personnes chez lui et il faut rester minimum un quart d'heure pour pouvoir faire croire à ses parents que c'était une visite de courtoisie"
Au bout de 4 ou 5 fois à me les peler dans la rue, le dealer a eu pitié de moi et a accepté que je monte avec mon pote.
Et puis par chance, le courant passait très bien entre lui et moi. Trop bien même parce qu'il a commencé à carrément s'intéresser à moi.
Petit à petit, je passais plus de temps avec lui qu'avec mes losers (et ça a commencé à jaser sur mon compte)...
Je croisais parfois mon bel inconnu chez lui, j'en ai appris plus sur lui. Il me faisait trop craquer, il était drôle, il avait une voix douce... Mais j'étais trop intimidée pour me rapprocher de lui. Et puis c'était toujours en coup de vent (il venait juste acheter son chichon).
Mon nouvel ami m'a proposé de l'accompagner dans des soirées avec ses potes... J'étais hyper génée de me servir de lui de cette façon...
Mais je me disait que j'allais pas abandonner si près du but. Alors je continuais de faire comme si je voyais pas du tout son intérêt à mon égard, que j'étais sa bonne copine...
C'était dur mais au bout de trois mois j'ai commencé à m'intégrer avec les "grands". Au début ils se demandaient ce que je faisais là, ils me snobaient, m'adressaient à peine la parole, ce qui ne facilitait pas du tout les choses pour moi.
En plus mon bel apolon avait tendance à ne faire que des apparitions éclair : il travaillait souvent très tôt le matin, et le week end. Donc il rentrait tôt chez lui. Trop tôt pour que l'alcool m'ait suffisamment engaillardie pour que j'ose enfin l'aborder de manière plus explicite que "salut ça va?" "il est sympa ton t-shirt avec che guevara" ("oh mon Dieu, il va vraiment me prendre pour une débile")
Et un soir... C'était l'occasion ou jamais. Il bossait pas le lendemain, et la fête était dans un village a au moins 30 km de chez nous, donc on devait tous dormir sur place.
Manque de bol il avait bossé toute la journée, il était crevé, il est allé se coucher a même pas minuit... J'étais deg.
Vers 2h je suis montée me coucher moi aussi. Mais deux mecs complètement pétés s'étaient mis en tête de faire une bataille de polochons dans la chambre ou j'essayais de dormir. Je redescende et je demande à la fille qui nous hébergeait s'il y avait pas une chambre plus tranquille. Elle me dit "t'as qu'à aller dormir avec X, il dort, il t'embêtera pas"
J'étais sur le Q. On me proposait d'aller rejoindre au lit mon fantasme absolu et c'était même pas moi qui avait eu l'idée
Fallait pas me le dire deux fois, me voilà en train de frapper doucement à la porte. Puis j'entre. Il se réveille... Je lui dit "excuse moi, ça va te paraitre un peu bizarre mais y'a les deux autres tarés dans l'autre chambre et j'arrive pas à dormir... ça te dérange pas si je squatte le lit avec toi" (quand j'y repense

)
Il m'a dit "euh... ok, pas de problème, viens!"
Et me voilà dans son lit. Trop surréaliste.
Je me disait "je fais quoi? je lui parle? je lui saute dessus et je l'embrasse a pleine bouche? Je lui caresse les cheveux???" plus je réfléchissait plus j'étais bloquée. J'avais envie de m'enfuir en courant tellement j'étais nulle de me retrouver dans une telle situation avec lui et de rien oser faire.
Dans le couloir, les deux autres mettaient de plus en plus le dawa. Objectivement, impossible de dormir.
Et je l'entend murmurer "ils sont vraiment cons ces deux là". Et voilà qu'on se met à rire tous les deux.
Au final on a passé la nuit à discuter... Imaginez la scène, première grande conversation... Dans un lit!
Le lendemain matin je suis monté dans la même voiture que lui pour rentrer chez moi. Après avoir déposé tout le monde il me raccompagne jusqu'a chez moi... On discutait de manière assez détendue. En sortant de la voiture je lui dit "bon, à une prochaine fois alors..." il me répond "carrément ouais, pas de problème"...
Une fois chez moi j'étais surexcitée. Et en même temps j'en pouvais plus d'être aussi peu courageuse je me répétais "j'y crois pas, j'étais dans le même lit que lui et... J'ai rien fait".
Mais quelques petits échanges de sms plus tard et c'était enfin une affaire qui roulait : Lui et moi sur son canapé en train de nous embrasser pour la première fois...
J'était sur un petit nuage. J'avais mis 5 mois à y arriver, mais ça y'était. Enfin j'étais la petite amie officielle de mon coup de foudre.
Je lui ai jamais dit combien j'avais remué ciel et terre pour l'avoir. Je lui ai juste avoué que ça faisait un moment qu'il me plaisait.
J'avais trop peur qu'il me prenne pour un cas désespéré, une pauvre fille si je lui disait tout!!
ça a été génial pendant un mois. On était tout love tous les deux, on roucoulait... Et puis ça a changé.
Je crois que j'ai vu qu'en fait il était gravement immature affectivement. Limite "Love Insulte affectif" à la Bridget Jones.
On a commencé à se faire des scènes, il me quittait, me reprenait trois jours plus tard. Et comme une conne je retombais dans le panneau a chaque fois.
J'ai essayé une fois ou deux de lui faire le même coup pour qu'il comprenne ce que ça fait. Après il était de nouveau adorable pendant une semaine et ça recommençait. ça devenait comme un jeu malsain entre nous.
ça a duré comme ça 6 mois.
J'ai accepté tout ça parce que bêtement je voulais pas croire qu'une histoire pareille puisse se terminer comme ça.
Et puis j'ai fini par le quitter pour de bon quand j'ai rencontré Steph
Finalement ce qui aura été le plus excitant avec lui, c'est les 5 mois que j'ai passés à fantasmer sur lui et à monter des plans machiavéliques pour le séduire...
Je regrette que ça se soit mal terminé, c'est dommage. Mais je suis contente d'avoir vécu ce genre de chose, ça faisait un peu comme dans les films
