Iris a écrit :12% de gens dans la misère chez nous je crois.
Je pense Iris qu'il y en a bien plus en faite, parce que les pauvres ne se limitent pas aux gens SDF ou aux personnes sans emploi. Il y a de plus en plus de "nouveaux pauvres", ces personnes qui travaillent, mais qui ne disposent d'aucune aide, qui sont obligés de faire face à toutes les charges qui elles ne font qu'augmenter, leur salaire n'évoluent pas, mais le coût de la vie ayant été multiplié par je ne sais combien (bravo à l'Euro au passage !) n'arrivent plus à joindre les deux bouts.
Je travaille dans un Comité d'oeuvre social (l'équivalent d'un CE mais dans une collectivité territoriale) et cela fait 3 semaines maintenant que nos collègues se déplacent chez nous pour l'inscription aux chèques vacances, CV sur lesquels ils comptent bcp car sont d'une aide inestimable, leur permettant de pouvoir avoir qq loisirs, de partir un peu en vacances. Je vous assure que sans cela, bcp ne peuvent plus rien faire, sinon travailler, travailler pour faire face à leur charge. Je discute bcp avec ces collèges et je peux vous dire que parfois j'ai la gorge nouée en les écoutant, des femmes seules qui doivent élever leur enfant avec pas grand chose (les fonctionnaires vous savez ça touche vraiment pas des masses ... alors quand je vois qu'on veut toucher aux peu d'acquis dont ils disposent ça me fout en l'air, plutôt que d'aller voir ce qu'il se passe chez notre haut cadre, hauts fonctionnaires d'état ou gros chefs d'entreprises du privé , avec tout leur avantage en nature, foutons leur la paix à notre petit fonctionnaire, laissons les vivre correctement), combien me disent qu'ils sont souvent obligés de se priver sur la nourriture, combien ne partent plus qu'une semaine par an en vacances, quand ils peuvent partir, parfois les chèques vacances ils les utilisent juste pour au moins envoyer leur gamin en vacances etc...
Bref, la pauvreté, c'est terrible, elle se développe à grand pas et personnellement je me sens complètement démunie face à cela.
Je serais bien aller Sab à l'initiative au Trocadéro mais là chuis malade, je crains de ne même pas pouvoir aller à la manif demain pour laquelle je me suis demenée depuis 2 semaines (distribution de tracts, préparations etc..) mais je vous assure que je ne baisserais pas les bras, j'agis pas juste aujourd'hui pour la misère ou pour la sauvegarde de notre service public demain, moi c'est tous les jours que j'agis, je lutte au quotidien et je pense que chacun doit réflechir à son avenir, à l'avenir de ses enfants, parce que là, ce qui nous pend au nez, c'est vraiment pas triste, y a qu'à regarder les E.U ou l'angleterre pour comprendre. Vous en voudriez vous de ces systèmes ???
Bref .. en tout cas, pour votre information, la manifestation de demain n'est pas juste une manifestation pour les cheminots, pour défendre les régimes spéciaux, mais c'est une manifestation aussi d'une grande partie des salariés du public pour défendre la qualité du service public et à terme sa suppression, c'est aussi l'occasion d'exprimer leur mécontentement face à la précarité qui s'installe aussi dans la fonction publique. (je ne compte plus dans ma collectivité le nombre de personnes qui ont des CDD, qui font du bouche trou, parfois pendant 5, 6 ou 7 ans, avec des tout petits salaires, parfois dotés de diplomes, mais qui n'ont guère le choix d'accepter ces postes. Qu'on appelle à la demande. Voilà, ce sont ces gens là qui remplacent peu à peu les départs à la retraite, des précaires, qui vont être maléables.
Je sais que dans le privé c'est la même galère, je ne défends pas moins le privé que le public, je défends même les petits entrepreneurs privés qui ne sont pas non plus mieux lotis, qui galèrent pour que leur entreprise ne soit pas en liquidation judiciaire, ou les petits commerçants qui sont étouffés par la grande distribution mais p..t.. arrêtons de nous bouffer entre nous pendant que là haut des fous se frottent les mains, nous sommes tous dans la même galère, ils nous attend tous la même chose, et c'est main dans la main que nous devons défendre notre pain, pas les uns contre les autres, parce que chacun a besoin de l'autre.
Pour moi du coup la journée de la misère c'est aujourd'hui et demain parce que finallement précarité, misère c'est pour moi kif kif !