ces textes qui nous marquent ....
Posté : 05/11/2006 22:45
Qui n'a pas été marqué lors de la lecture d'un ouvrage (roman ou autres) par certains passages d'auteurs, allant parfois jusqu'à les relever sur un bout de papier ou un petit calepin ?
Qu'ils soient des citations ou des phrases, des paragraphes entiers même, des dialogues, porteurs de choses qui nous touchent au plus profond de nous même, sans même savoir pourquoi parfois ...
Et bien, si chacun, au fil de ses lectures, nous faisait partager ces émotions, en nous les livrant sur Ametisse. Je ne sais pas si l'idée vous semble intéressante, mais elle trotte dans ma tête depuis qq semaines alors je me lance ... avec un passage de mon livre "fétiche"(excusez moi il est long mais promis je ferais plus court la prochaine fois, d'ailleurs peut être que Mika me dira qu'il faut tout de même respecter un nombre de ligne maxi ?) que je ne me lasse pas de relire "Mes hommes" de Malika Mokeddem (écrivain née dans le désert Algérien et médecin de profession) :
"Le silence entre nous remonte à dix ans avant mon départ de l'Algérie. A mes quinze ans fracassés. J'écris tout contre ce silence, mon père. J'écris pour mettre des mots dans ce gouffre entre nous. Lancer des lettres comme des étoiles filantes dans cette insondable opacité.
Je n'ai que cette vie là, mon père. Moi, je ne crois pas en l'éternité pour laquelle tu pries. Je t'ai quitté pour apprendre la liberté. La liberté jusque dans l'amour des hommes. Et je te dois d'avoir su me séparer d'eux aussi. Même quand je les avais dans la peau. Lorsque l'amour s'emmure en prison, vire en amertume, en jalousie, je déguerpis. Je ne veux pas renoncer à en attendre le meilleur. [...] Je revendique mes amours successives dont certaines "mécréantes". Elles illustrent ma liberté d'être au monde. Mes ruptures ont été la continuité d'un même désir. Quitter, rompre, pour moi, c'est reprendre un rêve d'amour ignoré, bafoué ou altéré et aller le faire chanter, danser ailleurs. C'est le refus de l'oppression, de la médiocrité et de la résignation. C'est peut être parce que j'ai trop rêvé de l'amour avant de pouvoir le vivre que je n'ai jamais pu me mentir, travestir mes sentiments. Ni me berner sur ceux des autres à mon égard. ça aussi je te le dois mon père. Je ne t'ai pas cherché en d'autres hommes. Je les ai aimés différents pour te garder absent. Je suis née à l'amour avec ces hommes là, mon père. Mais toi, tu ignores jusqu'à leur prénom. C'est pourquoi je veux te coucher parmi eux dans un livre. Tu n'en sauras rien puisque tu ne sais pas lire..."[i]
J'adooooooooore !
Qu'ils soient des citations ou des phrases, des paragraphes entiers même, des dialogues, porteurs de choses qui nous touchent au plus profond de nous même, sans même savoir pourquoi parfois ...
Et bien, si chacun, au fil de ses lectures, nous faisait partager ces émotions, en nous les livrant sur Ametisse. Je ne sais pas si l'idée vous semble intéressante, mais elle trotte dans ma tête depuis qq semaines alors je me lance ... avec un passage de mon livre "fétiche"(excusez moi il est long mais promis je ferais plus court la prochaine fois, d'ailleurs peut être que Mika me dira qu'il faut tout de même respecter un nombre de ligne maxi ?) que je ne me lasse pas de relire "Mes hommes" de Malika Mokeddem (écrivain née dans le désert Algérien et médecin de profession) :
"Le silence entre nous remonte à dix ans avant mon départ de l'Algérie. A mes quinze ans fracassés. J'écris tout contre ce silence, mon père. J'écris pour mettre des mots dans ce gouffre entre nous. Lancer des lettres comme des étoiles filantes dans cette insondable opacité.
Je n'ai que cette vie là, mon père. Moi, je ne crois pas en l'éternité pour laquelle tu pries. Je t'ai quitté pour apprendre la liberté. La liberté jusque dans l'amour des hommes. Et je te dois d'avoir su me séparer d'eux aussi. Même quand je les avais dans la peau. Lorsque l'amour s'emmure en prison, vire en amertume, en jalousie, je déguerpis. Je ne veux pas renoncer à en attendre le meilleur. [...] Je revendique mes amours successives dont certaines "mécréantes". Elles illustrent ma liberté d'être au monde. Mes ruptures ont été la continuité d'un même désir. Quitter, rompre, pour moi, c'est reprendre un rêve d'amour ignoré, bafoué ou altéré et aller le faire chanter, danser ailleurs. C'est le refus de l'oppression, de la médiocrité et de la résignation. C'est peut être parce que j'ai trop rêvé de l'amour avant de pouvoir le vivre que je n'ai jamais pu me mentir, travestir mes sentiments. Ni me berner sur ceux des autres à mon égard. ça aussi je te le dois mon père. Je ne t'ai pas cherché en d'autres hommes. Je les ai aimés différents pour te garder absent. Je suis née à l'amour avec ces hommes là, mon père. Mais toi, tu ignores jusqu'à leur prénom. C'est pourquoi je veux te coucher parmi eux dans un livre. Tu n'en sauras rien puisque tu ne sais pas lire..."[i]
J'adooooooooore !