de Tequila le 09/10/2007 16:09
Tu as bien précisé Iris que cette jeune fille n'accuse pas le secteur de la mode...Je trouve qu'on a tendance à jeter la pierre un peu trop vite à ce secteur, à l'image longiligne des femmes que l'on cherche à véhiculer : selon moi bon nombre des mannequins qui tombent dans l'anorexie sont fragiles psychologiquement et la maigreur qu'on leur impose n'est qu'un "prétexte" à la maladie qui peut alors s'exprimer. Si ces jeunes filles n'étaient pas mannequins elles auraient très probablement tôt ou tard DE TOUTE FACON eu des troubles alimentaires.
On trouve également dans le sport pas mal de "prédispositions" à cette maladie. Euphorie du sport, performance, dépassement de soi...et au final on craque ! Pourtant dans le sport, hormis pour la dance et la gymnastique ou les cas d'anorexie sont fréquents ont ne prone pas toujours la minceur...Et croyez moi on trouve pas mal de cas de troubles alimentaires dans les autres sports...
Bref pour en revenir au sujet : la pub doit-elle tout montrer ?
A l'origine la pub est là pour embellir le quotidien, pour vendre du rêve. Toscani casse donc complètement les règles de la pub...Et ça marche ! Car que ce soit en bien ou en mal, on en parle de sa pub : elle ne laisse pas indifférent, tout le monde à son avis dessus, on la mémorise...C'est un coup de maître donc ! En ce sens c'est une publicité réussie, d'ailleurs les créateurs de mode ont dans l'ensemble salué la nouvelle publicité de Toscani. Par contre on peut signaler que des associations travaillant avec des anorexiques l'ont jugée contreproductive pour les personnes souffrant de la maladie. L'Association italienne contre l'anorexie, la boulimie et l'obésité (ABA) estime que l'image "dévastatrice" de Toscani risque d'inciter des femmes à vouloir ressembler à Isabelle Caro dans un désir de publicité et de visibilité, selon l'agence de presse ANSA.
En France, le Bureau de vérification de la publicité (BVP), organe de régulation de la profession, "a totalement déconseillé" aux afficheurs de reprendre ces affiches. Joseph Besnaïnou, directeur général du BVP, est défavorable à ces publicités car elles montrent "une personne souffrant manifestement d'une pathologie". Le BVP est un organisme d'autorégulation. Son avis est donc "consultatif", il ne "sanctionne pas". Cela dit la profession s'en remet généralement à son avis donc la publicité a peu de chance de voir le jour en France. L'argument du BVP pour interdire cette publicité est donc très discutable. Cette publicité ferait-elle réellement plus "d'envieuses" (jeunes filles qui voudraient ressembler au modèle pour avoir la même médiatisation) que de bien (information sur cette maladie) ? That is the question...
Pour info : les représentants de l'industrie de la mode italienne et le gouvernement de Romano Prodi ont signé en décembre 2006 un code de bonne conduite destiné à lutter contre l'anorexie chez les femmes et les top models.
