Sabrina a écrit:Dans la mesure où le silence a aussi sa place au cours d'une psychanalyse, je pense qu'il n'est pas toujours nécessaire de savoir faire de beaux discours pour avancer. En ce sens elle n'est donc pas qu'une affaire d'intellos...
Une analyse ne nécessite pas d'être un beau parleur, on pourrait même dire que la tendance à se lancer dans de grands discours bien construits est un mode de défense qui gène la mise en place de la relation thérapeutique.
J'ai eu l'impression que les analystes purs (dont la formation se limite essentiellement à leur propre analyse) sont souvent à côté de la plaque, qu'ils collent trop au discours sans être toujours capable de le lier au plan somatique ou social. Ils ont tendance à se lancer au sujet de leurs patients dans de grandes constructions intellectuelles très abstraites. Je ne dis pas qu'ils sont inefficaces, mais leur formation ne les prépare pas forcément à toutes les situations.
Il faut bien voir qu'une analyse n'est pas qu'une affaire de discours, mais aussi un échange intime entre deux personnes, où le langage corporel et les émotions jouent à fond. C'est pour ça que les professionnels qui associent plusieurs compétences (psychologue clinicien et analyste, psychiatre et psychologue, psychiatre et analyste, psychologue et thérapeute, etc.) sont mieux armés. Les cliniciens notamment ont une très solide formation qui inclus la socio, les thérapies comportementales, des notions de psychiatrie, ce qui leur permet de garder les pieds sur terre et leur évite aussi bien des bourdes (genre faire décompenser un schizophrène). Par exemple, un clinicien qui a suivi une analyse didactique et possède une formation en thérapie cognitivo-comportementale pourra commencer quelques séances en vis-à-vis pour faire tomber les principales résistances et aider son patient à dépasser ses idées suicidaires, puis poursuivre par un travail analytique de fond. La sophro marche bien aussi. Un gars qui connait les thérapies corporelles pourra plus efficacement aider les personnes atteintes de tca. etc. Et dans tous ça, le discours n'est qu'un mode de communication parmi les autres. Mais on n'est plus dans l'analyse "pure".