A 20 heures, quelques centaines de personnes se trouvent sur la place de la Bastille. Militants de la gauche radicale, sympathisants du Mouvement des indigènes de la République qui ont anticipé l'issue du vote dans des tracts ainsi rédigés : «Le résultat, nous le connaissons : plus de discriminations raciales, plus de mépris ! Plus de misère et de répression !» Ils sont sérieusement encadrés par des compagnies de CRS, une dizaine de fourgons à chacune des avenues qui bordent la place. A Paris intra-muros, 19 escadrons de gendarmerie et une compagnie de CRS, soit environ 1 600 personnes, seront déployés en renfort. Quatre unités mobiles surveillent les transports publics dans le cadre du plan Vigipirate. «Il y a des flics qui nous entourent, on ne peut passer nulle part», dit une fille à son portable. Une jeune fille brune pleure à chaudes larmes : «Comment les gens peuvent-ils être aussi cons ? Sarkozy, c'est le racisme, c'est la xénophobie, dit-elle. Il ne reste plus rien, c'est cinq ans de retour en arrière. Le Pen c'est pareil.» De petits mouvements de foule ont lieu et des slogans fusent : «Justice nulle part, police partout.» Sur le pavé, à la bombe, des mots comme «Mort aux vaches» (sic) ou «Guerre à l'Europe policière, guerre totale au capital». Un mannequin représentant Sarkozy est brûlé. Vers 21 heures, des militants du Mouvement des jeunes socialistes et de la LCR ont rejoint la place. Environ 2 000 personnes s'y trouvent. A 22 heures, des affrontements éclatent entre 200 à 300 jeunes anti-Sarkozy, qui lancent pavés et projectiles, et les forces de l'ordre, qui répliquent par des tirs de grenades lacrymogènes, avant de tenter de les disperser avec un canon à eau. Une inscription est écrite au pied de la colonne : «Sarko 2007 = Hitler 1933.» A minuit, le calme n'était toujours pas revenu. «Bienvenue à Sarkoland» , criaient les manifestants. Rue de Charenton, derrière l'Opéra Bastille, un face-à-face entre 200 jeunes cagoulés et une rangée de gendarmes mobiles restait tendu. Les manifestants ont été dispersés par des jets de lacrymogènes vers 1 heure du matin. Sur la place de la République, une centaine de personnes s'opposaient aux forces de l'ordre, et ont été dispersées peu après une heure du matin.
Source : liberation






