de sawsen » 31/05/2008 15:17
Personnellement je trouve que les débats qui sont menés autour de ce "fait divers" (ou "question juridique" on l'appellera comme on veut) sont complètement stériles de la manière dont ils sont menés, de la même manière qu'on l'a fait il y a qq années sur la question du voile, sans s'intéresser vraiment au problème de fond qu'est la question de l'honneur, des traditions dans les communautés arabes et musulmanes, car c'est à ce niveau que la discussion devrait être entamée, il ne s'agit pas juste de critiquer, de juger, car cela ne fait finallement qu'atiser les haines, les incompréhensions entre cultures, et il est vrai que dés qu'il s'agit des musulmans, on a vite faite de se pencher sur le pb (je dis cela alors même qu'évidemment je suis pour un changement dans les mentalités, qu'il faut que ça change, ayant moi même eu à supporter à un moment de ma vie le poids des traditions, ça ne changera pas du jour au lendemain certes, car il s'agit d'une "culture" ancestrale (qui ne relève même pas de la religion Islamique) et encore trop profondément encrée dans les familles musulmanes ... mais avec l'évolution certaine des mentalités, la modernité, les choses changent malgré tout ...
C'est vrai on peut rire de cette question, mais le problème de la sauvegarde de la virginité avant le mariage est qq chose dans la culture et la tradition musulmane qui a fait couler beaucoup d’encre (rouge !), il a occasionné chez bon nombre de jeunes filles des frustrations, des angoisses, des souffrances … et il n'est pas à prendre à la légère.
Je crois qu’avant tout il faut comprendre la place que l’honneur prend dans une famille musulmane, cette notion qui a beaucoup perdu de son sens aujourd’hui dans nos sociétés occidentales, une fille musulmane appartient à sa famille, à son « clan » avant même de s’appartenir (oui je sais ça choque nos cerveaux !) et sa famille fera tout pour préserver son intégrité, sa morale, et protéger sa vulnérabilité.
Ces femmes sont donc sous l’emprise d’une idéologie patrilignagère et patriarcale encore forte et il n’est pas aisé pour elles de se libérer de cette emprise , quelques soient son degré d’intelligence, son niveau d’étude, son caractère, elle aura à dos toute sa famille si elle fait le choix de braver les interdits et vivre seule, sans famille, loin de sa communauté, je vous laisse imaginer la souffrance … bref tout est à reconstruire … acquérir son indépendance pour une femme du maghreb devient un vrai parcours du combattant.
Pour revenir à l’hypocrisie dont fait allusion Amantparisien, celle-ci vient avant tout des hommes qui souvent agissent en pur égoiste, alors que les femmes agissent par amour , ces hommes qui n’hésitent pas à faire des promesses mettant en avant des sentiments et qui après au nom de la tradition n’hésitent pas à fuir comme des voleurs, déterminés à n’épouser qu’une femme vierge. Le sachant les femmes n'hésitent donc pas à trouver tous les subterfuges pour arriver vierge au mariage et éviter le drame familial.
Mais le pire, savez vous qui fait perdurer cela ? et bien ce sont les mères elles même, celles même qui ont eu à subir et souffrir de ces traditions ancestrales (au passage un livre formidable sur ce sujet de Camille Lacoste-Dujardin « Des mères contre les femmes - maternité et patriarcat au Maghreb »)
J’ai espoir cependant que les mentalités changent, d’ailleurs ELLES CHANGENT déjà, on le voit parmi les jeunes (je le vois d’ailleurs plus au Maghreb même qu’ici en France où les traditions sont encore plus encrées dans les mentalités des familles à mon grand regret parce que le poids de la communauté est plus fort que la culture du pays d'accueil), ces jeunes qui aspirent de plus en plus à l’amour, à se libérer du carcan familial, à la construction du couple et de la famille, sans faire peser le poids des traditions sur tout ça, en gardant juste le respect des valeurs.
Ne restons donc pas sur ces « faits divers » qui ne font guère avancer dans la reflexion (constat et jugement sans analyse …).
Personnellemnt, je pense que le changement de toutes les façons viendra des femmes elles même, dans l’éducation de leur propre fils, dans l’importance de leur inculquer des valeurs de respect de l’individu, qu’il soit homme ou femme, des valeurs d’amour et de partage, des valeurs de liberté.
Ne dit on pas que la femme est l’avenir de l’homme, moi j’irais même plus loin je dirais qu’elle est l’avenir de l’humanité.
Je finirais avec une note optimiste, en vous livrant un extrait d’un magazine Marocain du mois de mai 2008 (Femmes du Maroc) sur justement le sujet de la nuit de noce, dans lequel des jeunes couples marocains sont interviewés à ce sujet, on y voit que le poids de la tradition y est certes encore présent mais on relève avec bonheur une volonté certaine de changer les mœurs, voici le cas qui m’a le plus donné l’espoir d’un changement et qui me redonne confiance :
« Ihssane – 29 ans »
Comment imaginez-vous votre nuit de noce ?
J’ai bcp fantasmé sur ce moment, où on se retrouverait tous les deux, en tant que mari et femme. Ce n’était pas notre première étreinte mais la nuit de noces pour moi, c’était tout un symbole. Comme une espèce de rite de passage : de la jeune fille à la femme marié …
Où cela s’est il passé ?
Les collègues de travail de mon mari se sont cotisés pour nous payer la nuit dans un magnifique hôtel de la place. On est donc arrivés avec le cortège de voitures klaxonnant en cœur et, on a eu droit à la totale, lorsqu’on s’est retirés dans notre chambre : champagne, corbeille de fruits, bougies romantiques …
De défloration était il question ?
Du tout. Puisque je n’étais pas vierge quand il m’a connue et de plus, on a vécu ensemble près d’un an, avant de se passer la bague au doigt.
Résultat des courses : volupté ou cauchemar ?
Ni l’un ni l’autre. Il était 7 h du matin, on a roupillé comme des bienheureux et on a bien rigolé au réveil, en se disant : quel gâchis, au prix où est la chambre !
Quel note donneriez-vous à cette première nuit officielle ?
20/20 car malgré le volet Zéro sexe, j’ai adoré m’endormir dans ses bras, en pensant que j’étais devenue Madame M.
On ne diminue pas son BONHEUR en le partageant